Bitcoin : la Chine refuse le statut de monnaie, le cours chute

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Logo de la monnaie virtuelle Bitcoin

Avalanche de mauvaises nouvelles pour la devise virtuelle Bitcoin. La Banque centrale de Chine lui a refusé le statut légal de monnaie et compte réguler les échanges entre particuliers. La Banque de France émet également des inquiétudes importantes.

Est-ce le début de la fin pour le Bitcoin ? La Banque centrale de Chine a annoncé dans un communiqué jeudi 5 décembre 2013 qu'elle incite les institutions financières et bancaires du pays à ne pas utiliser la devise électronique. Elle estime que la devise n'a pas de véritable valeur légale et ne peut pas avoir le statut légal de monnaie. Une position inverse à celle de l'Allemagne, qui a reconnu officiellement le statut de « monnaie privée » du Bitcoin (BTC), afin notamment de pouvoir taxer les transactions.

L'Empire du Milieu n'a cependant pas interdit le Bitcoin sur son territoire et les Chinois restent libres de procéder à des transactions en BTC, en sachant qu'ils devront supporter seuls les risques encourus. A ce jour, seul la Thaïlande a choisi de bannir temporairement l'usage de la monnaie virtuelle.

Par ailleurs, la Banque centrale chinoise a précisé qu'elle comptait réguler l'utilisation de la devise virtuelle afin de prévenir les risques de blanchiment d'argent, de détournements et de financement d'activités illégales. Les plates-formes d'échange devront être enregistrées auprès des autorités de télécommunications du pays.

Le cours flanche

L'annonce des autorités chinoises a eu un impact immédiat sur le cours du Bitcoin. Dans la matinée du 5 décembre, les cours avaient chuté d'environ 150 dollars. Cette baisse brutale du cours fait suite à une explosion au mois de novembre, explosion qui avait conduit l'ancien président de la Réserve Fédérale américaine à parler de « bulle » spéculative sur la devise virtuelle.

« Une conception qui alimente la spéculation » pour la Banque de France

L'inquiétude concernant le Bitcoin est également vivace dans l'Hexagone. La Banque de France, dans une note dévoilée sur son site le 5 décembre, souligne le caractère hautement spéculatif de la devise. « En limitant la quantité maximale de Bitcoins pouvant être créée et en faisant fluctuer le rythme de création au cours du temps, les concepteurs ont « organisé » la pénurie de cette monnaie virtuelle et lui ont ainsi conféré son caractère hautement spéculatif », estime l'institution dirigée par Christian Noyer.

La Banque de France rappelle également que la devise, « présentée par ses concepteurs comme une alternative à la monnaie légale » n'apporte « aucune garantie de remboursement ». Elle représente donc « un risque financier certain » pour les détenteurs, d'autant que la valeur n'est adossée à aucune activité réelle.

De plus, la possibilité de convertir des BTC en euros ou en dollars n'est pas garantie non plus. « Les investisseurs ne peuvent récupérer leurs fonds en devises que si d'autres utilisateurs désirent acquérir des Bitcoins. Ainsi, le système peut à tout moment s'effondrer lorsque les investisseurs veulent dénouer leurs positions mais se retrouvent détenteurs de portefeuilles devenus illiquides », souligne la Banque de France. Elle estime que l'activité de conversion doit être vue « comme un service de paiement nécessitant un agrément de prestataire ».


 

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