Bitcoin : une innovation à exploiter pour le Sénat


La commission des Finances du Sénat a publié un rapport qui se positionne en faveur des monnaies virtuelles, dont la plus célèbre, le Bitcoin. Les élus voient dans son caractère décentralisé un atout, plus qu'un risque.    

Bitcoin pièce

Le Bitcoin, une carte à jouer ? Alors que la monnaie virtuelle trouve de plus en plus d’adeptes, le Sénat a réalisé, à son tour, un rapport d’information sur les enjeux des monnaies virtuelles, quelques jours après celui remis par la cellule anti-blanchiment Tracfin au ministre des Finances, Michel Sapin.

 

Dans le sillage du rapport Tracfin, le président de la commission des Finances au Sénat, Philippe Marini et le rapporteur général François Marc ont salué l’innovation que représente le Bitcoin, lors de la présentation du rapport en session le 23 juillet 2014. « Il est clair que la France a une carte à jouer », a ainsi lâché François Marc.

 

Des risques, mais surtout des opportunités

Les élus de la Chambre Haute n’ont toutefois pas fait exception à la règle rappelant les risques liés à la grande volatilité du Bitcoin. « Si le protocole de validation des transactions est lui-même très sécurisé, il n’en va pas de même pour le « stockage » des Bitcoins. La plupart des utilisateurs décident de stocker leurs Bitcoins sur des comptes ouverts auprès de plateformes d’échange en ligne. Mais le piratage est possible : la faillite de MtGox, la plus grande plateforme au monde, a ruiné plusieurs milliers d’utilisateurs le 28 février dernier, ce qui démontre la fragilité de ces « coffres forts virtuels », a rappelé Philippe Marini. De son côté, le rapporteur général est revenu sur le démantèlement d’un trafic de Bitcoins les 2 et 3 juillet derniers dans le Sud de la France.

 

Mais les sénateurs ont surtout insisté sur le potentiel que peut offrir le Bitcoin. « Se concentrer uniquement sur les risques – ce qu’il faut néanmoins faire – revient à ignorer les multiples opportunités qu’ouvrent les monnaies virtuelles. Ce n’est pas parce qu’une innovation peut mettre au défi certaines de nos conceptions traditionnelles qu’il faut les rejeter en bloc », a avancé le président de la commission des Finances du Sénat.

 

La décentralisation du Bitcoin, un atout

Plus précisément, Philippe Marini a souligné les avantages du Bitcoin. Premier sur la liste, la quasi-nullité des frais de transaction. En effet, le rapport s’appuie sur une étude de Goldman Sachs, publiée en mars dernier, qui évalue les frais de transaction en monnaie virtuelle à 1%. « Mais surtout, plus qu’une monnaie, le Bitcoin est une technologie, un protocole de validation des transactions totalement décentralisé […] et très sécurisé », a-t-il poursuivi. Alors que la plupart des régulateurs français (Banque de France, AMF…) critiquent le caractère décentralisé du Bitcoin, qui évolue hors de tout système bancaire, François Marc s’enthousiasme « d’un système qui permet d’assurer une très grande sécurité des transactions ». Comment ? Les paiements en Bitcoins sont cryptés et validés à la suite d’un tirage au sort complexe par plusieurs ordinateurs. « Ainsi, il n’y a pas de stockage en un seul lieu ou dans un seul outil informatique des éléments d’information, qui pourraient permettre à une personne de pirater le système. Il s’agit d’une innovation remarquable », explique François Marc.

 

Plus encore que ces gages de confiance, les sénateurs veulent voir plus loin. Suivant le modèle décentralisé des transactions en Bitcoins, pourquoi ne pas s’en servir pour valider d’autres opérations ? Comme « des mots de passe, des titres d’identité, des diplômes et autres certificats ou des votes électroniques », suggèrent les deux élus. Objectif : enrayer les fraudes et les piratages.

 

Rappelant les débuts chaotiques de la carte bleue, François Marc estime qu’il faut « laisser du temps au temps » pour appréhender pleinement le potentiel des monnaies virtuelles. « Réguler efficacement sans « tuer » l’innovation », conclut-il.

 

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