BNP Paribas : l’amende peut-elle impacter les clients ?


Pour ne pas avoir respecté les embargos américains, BNP Paribas s'est vu infliger une amende de 6,6 milliards d'euros. Une sanction record qui a de quoi inquiéter les clients de la banque. Mais que risquent-ils concrètement ? Décryptage.  

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La sentence est tombée : BNP Paribas devra s’acquitter d’une amende de 8,9 milliards de dollars ainsi qu’une suspension des activités de sa succursale de New York pendant un an. Les raisons ? La banque française installée sur le territoire américain a violé l’embargo des Etats-Unis vers des pays tels que l’Iran ou Cuba. Pour autant la banque peut-elle être déstabilisée ? Surtout, quelles seront les conséquences pour les clients et les actionnaires ? Eléments de réponse.

Attention aux hausses de prix

« Le groupe présente une situation de solvabilité et de liquidité tout à fait solide, qui va lui permettre d’absorber les conséquences anticipées de ces sanctions. » L’analyse de l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) publiée lundi 30 juin 2014 coupe court aux rumeurs. Les clients particuliers peuvent donc souffler, ils ne courent aucun risque. L’amende astronomique ne représente en réalité qu’une année de bénéfice pour la banque et ne devrait pas impacter les particuliers. Par ailleurs, BNP Paribas est adhérente du FGDR (Fonds de garantie des dépôts et résolutions). Ainsi, si d’importants problèmes d’argent venaient à frapper la banque, le fonds se chargerait d’indemniser les personnes lésées à hauteur de 100.000 euros par client.

Toutefois, s’il ne faut pas s’alarmer, « les clients doivent rester vigilants sur les pratiques qu’ils jugeraient contraires aux habitudes de la BNP Paribas dans les mois à venir », prévient Serge Maître, secrétaire général de l’Afub (Association française des usagers des banques). Pour lui, la banque « pourrait succomber à la tentation tarifaire. Soit en augmentant certains prix soit en créant de nouveaux produits plus chers ». En outre, les condition d’octroi de crédit pourraient être modifiées « afin de réduire la production », estime t-il. Face à ces inquiétudes, Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas, a tenu à rassurer lui-même ses clients : « Que vous soyez client particulier, commerçant, artisan, profession libérale, entrepreneur ou dirigeant d’entreprise, je m’engage à ce que ce sujet spécifique n’ait absolument aucun impact pour vous. »

Qui pour payer la note ?

« Pour faire face à l’amende, la solution la plus probable sera celle d’au moins une année blanche pour les actionnaires qui ne recevront pas de dividendes », anticipe Christopher Dembik, analyste chez Saxo Banque. Une analyse que l’ensemble des observateurs partageait à l’annonce officielle du montant de la pénalité. Mais la banque de la rue d’Antin a finalement confirmé que des dividendes seraient bien versés au titre de 2014, à hauteur de 1,50 euro par action. BNP Paribas à l’intention « d’ajuster le niveau de dividende pour 2014 au niveau de celui de 2013 », a ainsi précisé la banque dans un communiqué diffusé lundi 30 juin. Une bonne nouvelle pour les actionnaires bien que, sans la sanction des Etats-Unis, la rémunération aurait sans doute approché les 2 euros par coupon.

Alors pour payer la facture, Serge Maître évoque en plus des efforts en interne y compris auprès des salariés. « Cela impliquera sans doute un gel de la participation pour les employés », avance t-il. Selon BNP, l’amende sera entièrement payée par les fonds propres de la banque. « Compte tenu des sommes déjà provisionnées (800 millions d’euros dans les comptes de 2013, NDLR), ce montant donnera lieu à la comptabilisation d’une charge exceptionnelle de 5,8 milliards d’euros dans les comptes du 2ème trimestre 2014 », explique BNP Paribas.

Ces annonces ont eu l’effet escompté auprès des marchés. Alors que l’action était en chute libre depuis les révélations du Financial Times annonçant l’amende pour BNP Paribas, le cours rebondit mardi 1er juillet. Ainsi, l’action a repris 3,70% à la mi-journée (1er juillet 2014) pour atteindre 51,38 euros.