Bone Therapeutics : la thérapie cellulaire des fractures en Bourse


Bone Therapeutics développe un traitement innovant pour la réparation des fractures osseuses basé sur la thérapie cellulaire, une approche que la société de biotechnologies belge veut décliner sur le marché de la prévention des fractures. Elle souhaite lever jusqu'à 38 millions d'euros pour financer ses études cliniques. L'opération est éligible au PEA et au PEA PME.  

IPO de Bone Therapeutics : introductin en Bourse entre 14,5 et 16,5 euros par action

Bientôt la fin des fractures du fémur ou du tibia qui ne guérissent jamais ? Bone Therapeutics, société de biotechnologies belge créée en 2006 par deux spécialistes des maladies osseuses, veut entrer en Bourse simultanément à Paris et Bruxelles pour introduire sur le marché des traitements innovants visant à guérir ou prévenir des fractures souvent incurables par les thérapies actuelles.

« Technologie de rupture »

Tout le concept est basé sur la remise en marche des processus de reconstruction de l’os. « Bone Therapeutics développe une technologie de rupture qui vise à changer la manière dont les fractures seront traitées dans le futur, expose Enrico Bastianelli, co-fondateur et directeur général de la société de biotechnologies. L’approche consiste à utiliser des cellules vivantes comme médicament, mais pas simplement des cellules souches. Nous sommes les seuls en mesure de produire des ostéoblastes ou cellules osseuses différenciées capables de former de l’os. Leur profil de risque est plus sûr car elles n’ont pas d’activité indésirable, contrairement aux cellules souches indifférenciées. » Cette spécificité permet au management de revendiquer une avance « de plusieurs années » vis-à-vis des programmes de recherche concurrents.

L’innovation est de taille, un véritable « changement de paradigme » pour Enrico Bastianelli. Elle permet d’éviter la chirurgie ouverte sur des fractures et son lot de complications potentielles. « Le praticien effectue une toute petite incision avant d’injecter localement les cellules sur le site de fracture, afin de remplacer les cellules manquantes ou déficientes. L’intervention dure 20 minutes en chirurgie ambulatoire (le patient sort le jour-même de l’intervention, NDLR), sans hospitalisation prolongée », explique-t-il. L’action des cellules administrées permet de combler les vides osseux au bout de quelques mois.

Réparation et prévention des fractures

Société de recherche qui a toujours enregistré des pertes depuis sa création, Bone Therapeutics ne dispose pour l’heure d’aucun produit en vente sur le marché. Son portefeuille se compose de cinq candidats-médicaments dont trois sur des indications de réparation des fractures et deux ciblant la prévention. Sur le marché de la réparation, ses études cliniques ciblent deux grands segments : d’une part la réparation de fractures sévères, celles qui ne guérissent jamais en raison d’une pseudarthorse (non-union en anglais) ou absence de consolidation des fragments osseux entre eux ; d’autre part le retard de consolidation où, au bout de plusieurs mois, l’os ne présente toujours pas de réparation satisfaisante. Ce segment, pour lequel aucun traitement n’existe à ce jour – les chirurgiens orthopédistes attendent la guérison et ne traitent pas, selon Bone Therpeutics ! – représente un marché d’un million de cas par an.

Sur le marché de la prévention, le produit le plus avancé vise à retarder ou éviter la pose de prothèses de hanche chez les hommes. Les résultats cliniques dits de phase IIb ont démontré un ralentissement de la progression de l’ostéonécrose, maladie qui se manifeste par un effondrement de la tête fémorale. L’autre traitement à l’étude a pour objectif de prévenir la perte de masse osseuse pour les 10 millions de patients souffrant d’ostéoporose réfractaire, qui ne répondent aux traitements existants.

1ère commercialisation au mieux en 2019

L’introduction en Bourse sur Euronext Paris et Euronext Bruxelles vise principalement à financer les programmes cliniques de la société pour les trois ou quatre ans à venir, soit au moins jusqu’à la fin 2017. Les traitements les plus avancés (traitements de l’ostéonécrose et de la pseudarthorse) vont faire l’objet d’essais cliniques aux Etats-Unis à partir de 2016, qui mobiliseront 20% des fonds levés. Le DG Enrico Bastianelli vise une mise sur le marché de ses premiers produits, et les revenus induits, « à l’horizon 2019-2020 ». La distribution pourrait s’effectuer en direct sans partenaire commercial en Europe, sauf sur le segment de l’ostéoporose. Aux-Etats-Unis et au Japon, la recherche d’un partenariat sera systématisée.

En attendant, l’augmentation de capital ouverte jusqu’au 2 février 2015 entre 14,50 et 16,50 euros par action doit permettre à la société wallonne de lever 27,1 millions d’euros sur la base du prix médian de l’offre (15,5 euros) et jusqu’à 38,2 millions en cas de très forte demande. 40% de la souscription « est sécurisée » selon Cédric Moreau, directeur Santé chez Bryan Garnier & Co, la banque d’affaires introductrice, grâce à un engagement ferme pour 10,3 millions d’euros des actionnaires historiques. 10% de l’offre, qui est éligible aux enveloppes PEA et PEA PME, est réservée aux actionnaires individuels.

En cas de succès de l’opération, Bone Therapeutics serait ainsi valorisée à environ 100 millions d’euros, dont près d’un quart (24%) d’actions dans les mains du public.

A lire au sujet des introductions en Bourse
– Pratique : Introduction en Bourse : où va votre argent ?