Bourse, fonds actions, FCPI-FIP, crowdfunding : 4 façons d’investir dans les entreprises


Investir dans les entreprises est tout sauf une pratique intuitive pour les épargnants français, habitués aux placements à capital garanti. La faute notamment à une méconnaissance des modes d'investissement au capital des sociétés. Tour d'horizon des moyens à la portée des épargnants, de la Bourse au crowdfunding en passant par les fonds.  

Comment faire pour investir au capital d'une entreprise

Les Français ne savent pas comment s’y prendre pour investir dans les entreprises. La méconnaissance des différents modes d’investissement et la peur de se tromper semblent agir, au moins autant que le risque associé, comme un anesthésiant qui annihile les velléités de prendre part au développement économique du pays. Pourtant, il existe une palette large de supports d’investissement au capital de sociétés, accessibles à la plupart des épargnants. Passage au crible de ces placements qui supposent soit de s’impliquer davantage dans la gestion de son épargne, soit de déléguer ces opérations à des professionnels.

Acheter des actions en Bourse : se confronter à la loi du marché

Il y a encore quelques années, la Bourse était quasiment le seul moyen permettant de devenir facilement actionnaire d’une entreprise. Être petit porteur (nom donné aux actionnaires individuels, NDLR), c’est se positionner sur un marché des parts, où les cours de Bourse évoluent au gré de l’offre et de la demande. Démocratisé au début des années 2000 par les courtiers en ligne comme Boursorama ou Bourse Direct qui ont cassé les prix du passage d’ordres, l’investissement en Bourse présente l’avantage de pouvoir acheter et vendre ses parts quasiment en temps réel. Il nécessite aussi d’avoir du flair, une bonne connaissance des sociétés cotées et d’être réactif aux conditions de marché. Pour éviter les déconvenues, la diversification est la clé.

Inconvénient pour les investisseurs soucieux de la bonne utilisation de leur épargne : le trading ne rapporte rien à l’entreprise dans laquelle on investit, sauf si le vendeur des actions est la société émettrice elle-même, un cas relativement rare. Le seul moyen d’apporter de l’argent frais à une entreprise cotée en Bourse est de participer à une augmentation de capital. C’est également possible à l’occasion d’une introduction en Bourse, si celle-ci prévoit l’émission d’actions nouvelles.

Alternativa, Alternext : à mi-chemin entre coté et non coté

Depuis une dizaine d’années, des plateformes alternatives de négociation d’actions ont vu le jour, permettant aux PME de se frotter à la Bourse sans devoir se plier à des contraintes de communication trop fortes : Alternext, filiale de la Bourse paneuropéenne Euronext, et Alternativa, une société indépendante. S’ils ne sont pas juridiquement parlant cotés en Bourse, les titres des entreprises qui y figurent sont négociables à une fréquence quotidienne (et la plupart du temps intra-journalière) sur Alternext et mensuelle chez Alternativa.

Fonds actions : pot commun dans des portefeuilles diversifiés

Sélectionner des actions par ses propres moyens n’est pas donné à tous. L’information économique et financière est foisonnante et il existe, rien qu’en France, des centaines d’actions de sociétés cotées dans lesquelles il est possible d’investir. Pour ne pas avoir à faire le tri, il existe des fonds, appelés Sicav (société d’investissement à capital variable) ou FCP (fonds commun de placement) où le choix du portefeuille est assumé par un ou plusieurs gérants professionnels. Ces fonds sont diversifiés au travers de la constitution et de la gestion de portefeuilles composés de plusieurs dizaines de valeurs, chose impossible à réaliser pour un investisseur non averti. La liquidité de la plupart de ces véhicules d’investissement est quotidienne, ce qui signifie que l’on peut en sortir du jour au lendemain en revendant ses parts. La variété des fonds actions est importante : actions françaises ou européennes, internationales, américaines, asiatiques, émergentes… Il y en a pour toutes les zones géographiques. Attention cependant à l’exposition de ces fonds aux devises, dont la couverture des risques de taux de change n’est pas systématique.

Pour choisir un fonds actions de qualité, la notation Morningstar constitue un bon indicateur de référence. Cette notation tient compte des performances mais aussi de la volatilité (ou régularité des performances), le sésame pour un gérant étant d’obtenir 5 étoiles. Principal inconvénient de ces fonds : par nature, leurs performances sont négatives lorsque les marchés sont baissiers. Autre reproche que l’on peut leur faire, ils ne contribuent pas non plus directement au financement des entreprises.

A noter : Les fonds de petites et moyennes valeurs (small et mid caps) sont généralement plus performants que les fonds de grandes capitalisations.

FIP et FCPI : investissement collectif dans un panier de PME non cotées

Les FIP (fonds d’investissement de proximité) et FCPI (fonds commun de placement dans l’innovation) sont un peu aux sociétés non cotées ce que sont les Sicav ou FCP aux sociétés cotées : des véhicules d’investissement collectif (plusieurs centaines ou milliers de porteurs de parts réunis) dans un panier de sociétés sélectionnées par des professionnels. Mais la comparaison s’arrête là. Ces fonds sont soumis à des obligations de souscriptions d’actions émises dans le cadre d’augmentation de capital. Ils investissent soit dans des start-up et des PME innovantes dans le cas des FCPI, soit dans des PME plus matures avec une connotation parfois régionale dans le cas des FIP.

Du côté de l’épargnant, souscrire des parts de FIP ou de FCPI requiert de s’engager à long terme, de 5 à 10 ans, voire davantage, sans possibilité de sortie avant l’échéance prévue au départ. Particularité de ces fonds : en contrepartie du blocage de l’épargne et du risque de perte, le souscripteur bénéficie d’une réduction de son impôt sur le revenu (IR) ou sur la fortune (ISF) proportionnelle aux sommes investies et plafonnée. C’est même leur principal intérêt, les performances n’étant pas toujours au rendez-vous. Pour accéder à ces fonds, il faut généralement investir un minimum de 500 euros, 1.000 euros étant la norme.

Crowdfunding : l’économie collaborative au service du financement des start-up

Encadré juridiquement depuis le 1er octobre 2014, le financement participatif ou crowdfunding (littéralement financement par la foule) est un nouveau mode d’investissement qui permet, via des sites internet spécialisés, de mettre en relation des sociétés souhaitant lever des capitaux dont les titres ne sont pas cotés en Bourse avec des souscripteurs. On parle en l’espèce de crowdequity ou d’Equity crowdfunding (Equity étant un terme anglo-saxon désignant les fonds propres ou le capital d’une entreprise). Ces sites ou plateformes permettent donc de participer au développement des start-up et PME de croissance en injectant de l’argent frais dans des projets entrepreneuriaux, sans intermédiaire.

Contrairement aux FIP et FCPI, l’investisseur choisit lui-même les entreprises qu’il souhaite financer parmi des sociétés présélectionnées sur les plateformes. C’est donc un moyen de prendre part à une aventure entrepreneuriale, parfois à un stade précoce de la vie d’une entreprise. En contrepartie, l’épargnant s’expose à un risque de faillite, accentué par rapport à l’investissement dans une entreprise plus mûre, et à une absence de liquidité. Difficile de trouver des acheteurs de sociétés non cotées quand on est seul dans son coin ! Si l’espérance de plus-value est potentiellement colossale, à condition d’avoir misé sur le nouveau Google ou le réseau social qui succèdera à Facebook, l’horizon de sortie peut donc parfois être très long. D’où l’intérêt de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

A savoir : Avant d’investir sur une plateforme de crowdfunding, il faut s’assurer que cette dernière a obtenu l’autorisation d’exercer. A ce titre, elle doit être inscrite à l’Orias (organisme pour le registre des intermédiaires en assurance) en tant que Conseiller en investissements participatifs (CIP).

Compte-titres, PEA, assurance vie… Quelle enveloppe pour investir ?

La fiscalité est un critère à ne pas négliger avant d’investir. Pour éviter d’être taxé à chaque plus-value, le plan d’épargne en actions (PEA) est la solution idéale, l’imposition n’étant applicable qu’en cas de clôture ou de sortie partielle du plan. Le PEA est plafonné à 150.000 euros de versements, limite qui atteint 75.000 euros pour le PEA PME, un PEA dédié à l’investissement dans les petites et moyennes entreprises (PME) et entreprises de taille intermédiaire (PEA PME). Ces plans ne peuvent accueillir que des actions de sociétés françaises et européennes ou des fonds investis à 75% dans ce type d’actions.

L’assurance vie est un moyen de se libérer de ces contraintes, toujours sans taxation en l’absence de sortie, mais elle ne permet pas au grand public d’investir dans des actions (à notre connaissance, un seul contrat de ce type est accessible à tous : Titres@Vie du courtier Altaprofits). Via l’assurance vie, l’investissement direct dans les PME non cotées et les FIP-FCPI est tout bonnement impossible. Pour ces derniers, la seule solution est le compte-titres.