Bourse : un 1er trimestre encourageant pour les cours du CAC40


L'indice phare français, le CAC 40 , a réalisé au 1er trimestre 2012 sa meilleure performance depuis l'été 2009, en progressant de 8,35%. Le secteur bancaire reprend des couleurs et profite de l'opération de refinancement illimité de la Banque centrale européenne (BCE) qui a permis d'injecter massivement des liquidités sur les marchés financiers. Par ailleurs, Vivendi et France Telecom subissent l'arrivé de Free sur le marché de la téléphonie mobile.

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L’indice parisien a bénéficié de signes macroéconomiques encourageants en ce début d’année dont la révision à la hausse des perspectives croissance de l’Insee pour le premier semestre 2012. L’an passé, le premier trimestre était plus poussif avec un gain de 4,85%. « Le marché valorisait à la fin de l’année dernière un éclatement de la zone Euro, une récession aux Etats-Unis, un ralentissement brutal de la croissance chinoise. Ces craintes se sont dissipées, les chiffres macroéconomiques aux Etats-Unis sont meilleurs que prévu, la Chine arrive à piloter sa croissance grâce à la hausse des taux d’intérêt. Les deux gros contributeurs à la croissance mondiale ont montré qu’il n’ y avait pas le péril dans la demeure », estime Jean-Baptiste Delabare, président directeur général de la société de gestion Financière Arbevel. Selon lui, l’opération de refinancement illimité effectuée par la BCE a permis de « sauver le système financier européen » et dissiper les problèmes de financement à court terme.

Rebond pour les valeurs bancaires

Globalement, les investisseurs ont effectué une rotation sectorielle. Ils ont privilégié les actions plus risquées en particulier les valeurs liées à la conjoncture économique comme la construction au détriment des titres plus défensifs tels que la consommation ou la pharmacie. Les entreprises dont le cours a le plus progressé sont Renault (+47,48%) et Veolia (+46,83%), plus forte baisse de l’indice parisien en 2011 (-61,2%). Le constructeur automobile Renault a profité de son positionnement dans les pays émergents mais surtout de la préservation de sa rentabilité au cours de l’exercice 2011.

Le secteur bancaire se refait une santé après plusieurs signaux positifs concernant la crise de la dette européenne. Les injections massives de liquidités de la BCE, sous forme d’opérations de refinancement à long terme (LTRO) en décembre et février, ont rassuré sur la santé financière du Crédit Agricole (+6,89%), de BNP-Paribas (+17,08%) et de la Société Générale (+27,66%). La restructuration de la dette grecque et le renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF) ont également tranquillisé les investisseurs après la forte baisse du cours des établissements bancaires en 2011 (-36,25% pour BNP Paribas).

Un horizon qui semble s’assombrir

Les secteurs de la téléphonie et de l’énergie sont les grands perdants sur les 3 premiers mois de l’année. Les valorisations de Vivendi, maison-mère de SFR et France Telecom perdent respectivement 18,68% et 8,49%. Ces groupes pâtissent de l’arrivée de Free sur le secteur de la téléphonie mobile. Elles poursuivent leur baisse sur un an : -31,71% pour le groupe dirigé par Jean-Bernard Lévy et -29,76% pour l’opérateur télécom historique. EDF (- 8,99%) et GDF Suez (-10%) confirment également la tendance lourde d’une baisse de leur cours respectif sur un an (respectivement -40,77% et -32,63% depuis le 31 mars 2011). Au rayon des baisses, Total subit le contrecoup de la fuite de gaz sur sa plateforme d’Elgin, son plus gros accident en mer du Nord depuis au moins 10 ans. L’action perd 3,19% du 1er janvier au 31 mars.

Quelle tendance à venir ? « Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Il faut être très prudent, les chiffres américains sont actuellement légèrement moins bons. Le marché recrée un environnement propice à la volatilité avec en toile de fond les problèmes de dette espagnole ou encore un manque de lucidité en France sur le niveau des dépenses publiques », considère Jean-Baptiste Delabare concluant que « des nuages reviennent assombrir l’horizon à court terme ».