Catastrophe au Japon : « nous n’avons pas changé notre allocation d’actifs » (Barclays WM)


INTERVIEW. Pour des raisons fondamentales, la société de gestion d'actifs de Barclays en France s'était désengagée du Japon il y a quelques semaines.

Valérie Piquard, responsable de la recherche de Barclays
Wealth Managers France
Valérie Piquard, vous êtes responsable de la recherche de Barclays Wealth Managers France, société de gestion d’actifs de Barclays en France. Quelle est votre analyse de la situation japonaise sur le plan économique ?

 

Le risque nucléaire est difficilement palpable. Livrons-nous à une analyse indépendamment de ce risque. Quelle est le poids des régions les plus touchées par le séisme et le tsunami dans l’économie japonaise. Elles représentent 7% de la population et 4 à 9% du PIB. On peut évaluer l’impact économique entre 150 et 170 milliards d’euros soit 3% du PIB japonais. Si chiffres validés, sachant que le Japon était déjà l’un des pays où croissance était attendue la plus faible, son économie serait peut-être en récession d’environ 2% en 2011.

Si chiffres validés, sachant que le Japon était déjà l’un des pays où croissance était attendue la plus faible, son économie serait peut-être en récession d’environ 2% en 2011.

Quel est l’impact sur la stratégie appliquée aux portefeuilles de gestion privée de Barclays ?

Signalons d’abord que nous avons eu tendance ces derniers temps à privilégier les marchés des économies développées Europe et réduit notre exposition marchés émergents depuis 1 ou 2 mois. Nous avons décidé de sortit il y a quelque semaines du Japon car fondamentalement c’est l’un des pays où croissance la plus faible ; de plus Moodys’s avait décidé de dégradé sa notation de la dette nipponne et le Japon est vulnérable aux pays émergents pour lesquels nous avions des doutes émergent.

Plus généralement, fait-il réduire son exposition aux marchés actions ?

La question mérite d’être posée. Les niveaux de valorisations ne sont pas très élevés. A court terme, si le risque nucléaire ne dégénère pas, nous avons plutôt envie d’être constructifs sur les actions. Même si la crise du nucléaire au Japon est un risque supplémentaire qui n’avait pas du tout été évalué, en plus des risques qui se multiplient comme la hausse des cours du pétrole ou l’instabilité géopolitique, nous n’avons pas changé notre allocation globale car nous sommes assez diversifiés. Nous ations par exemple très positifs sur le secteur IT et nous n’avons pas envie de passer à neutre. Les secteurs qui devraient être les plus touchés seront le luxe, la réassurance, secteur sur lequel nous étions déjà très prudents et les utilities qui pourraient être pénalisés par une approche plus sécuritaire sur les centrales nucléaires dans certains pays, voire une remise en cause dans d’autres.