Champagne : vers une année 2007 historique ?


Le record de 1999 va-t-il tomber ?

Selon Ghislain de Montgolfier, président de l’Union des Maisons de Champagne (UMC) et co-président du Comité interprofessionnel des vins de Champagne (CIVC) depuis 2007, les vendanges de cette année pourraient aboutir à la production d’environ 400 millions de bouteilles de champagne. Surtout, en octobre, les professionnels du secteur annonçaient que les vignerons et les maisons de champagne ont vendu plus de 330 millions de bouteilles sur 12 mois, soit une progression de 4,6%. Après excellent millésime 2006, les expéditions de champagne ayant atteint 321,7 millions de bouteilles contre 307,5 millions en 2005, le atteint en 1999 – où les ventes avaient culminé à 327 millions de cols dans la perspective du passage à l’an 2000 – pourrait bien être battu si le dynamisme se confirme sur derniers mois de l’année. Une croissance largement tirée par l’exportation. « Avec un chiffre d’affaires qui est désormais réalisé pour plus de la moitié hors de France, la Champagne confirme sa vocation exportatrice. Les marchés en développement prennent le relais des marchés matures et l’ouverture de bureaux du Champagne dans des pays émergents tels que la Chine, l’Inde et la Russie va contribuer à développer la présence internationale des vins de Champagne », expose le CIVC. De surcroît, la place des cuvées de prestige, des vins millésimés et des vins rosés progresse : à l’exportation, ils représentent actuellement 14% des ventes et « pourraient approcher les 20% dans quelques années », augure le Comité interprofessionnel. Les groupes de vins et spiritueux possédant des maisons de champagne profitent pleinement de ce contexte porteur. Les volumes de ventes du leader mondial LVMH (Moët et Chandon, Dom Pérignon, Veuve Clicquot Ponsardin, etc.) ont progressé de 8% sur les neuf premiers mois de 2007, « soutenue par le succès des rosés ». Pernod Ricard, qui a mis la main sur Mumm et Perrier-Jouët en 2005 à l’occasion du rachat d’Allied Domecq a fait état au cours de son premier trimestre (1er juillet au 30 septembre 2007) de performances plus mitigées : une hausse de 12% des volumes et de 19% du chiffre d’affaires de Mumm contrebalancée par un tassement de 5% en volume et de 6% en valeur de Perrier-Jouët, affecté par une baisse des ventes temporaire de la cuvée Belle Époque et d’un recul au Royaume-Uni « lié à une stratégie de hausse de prix agressive ». Rémy Cointreau (Piper-Heidsieck, Charles Heidsieck) a au cours de son premier semestre clos en septembre dernier revelé des ventes de Champagne en hausse de 13%. Commentaire de Remy Cointreau : une « excellente performance […] qui reflète le début des commandes pour les fêtes de fin d’année ». Les mêmes causes produisent les mêmes effets pour les spécialistes du Champagne. Vranken Pommery Monopole n’a certes enregistré qu’une hausse limitée de 1% de son chiffre d’affaires Champagne au 30 septembre 2007. Mais, soucieux de privilégier ses marges, le groupe a amélioré les ventes de ses marques internationales de 6,3%, tout en réduisant celles de marques nationales. Au premier semestre (1er avril au 30 septembre 2007) de Laurent Perrier, son chiffre d’affaires a grimpé de 15,1%. Enfin, Boizel Chanoine Champagne (acquéreur de Burtin et Lanson début 2006) a revu à la hausse sa prévision de ventes en 2007 à 335 millions d’euros contre 320 millions d’euros auparavant. Seule ombre au tableau : la dépréciation du dollar qui amenuise la croissance, renchérit le produit dans les zones où le billet vert est la monnaie de référence.