Clubs de football en Bourse : un palmarès contrasté


 L'Olympique Lyonnais sera le premier club de sport français en Bourse.

Une nouveauté qui n’en est pas tout à fait une puisqu’à l’échelon européen, une trentaine de clubs de football cotés sont recensés, dont 26 composent l’indice DJ Stoxx Football auquel n’appartient pas Arsenal FC en Angleterre et Glasgow Rangers en Ecosse.

Cotés en Allemagne, Angleterre, Danemark, Ecosse, Italie, Pays-Bas, Portugal et Turquie, ces clubs se caractérisent avant tout par une grande hétérogénéité en termes de taille, de renommée, de liquidité boursière, mais aussi de résultats sportifs. Qui a déjà entendu parler de l’équipe danoise de Fodbold ou du club anglais de Preston North aux prises avec les marchés financiers depuis 15 et 11 ans respectivement ? Selon des cours arrêtés au 23 janvier, les performances boursières des clubs sont elles aussi pour le moins contrastées. Si l’on s’en tient à un échantillon composé de huit clubs de football européens cotés ayant une capitalisation boursière proche ou supérieure à 100 millions d’euros et publiant régulièrement des informations financières, c’est le match nul : quatre parcours boursiers explosifs et autant de contre-performances. Les britanniques Rangers Football Club, Arsenal Holdings et Tottenham Hotspur sont en première partie de tableau avec des gains respectifs de 358%, 308% et 288% depuis leur introduction, loin derrière le champion Parken Sports & Entertainment. Ce holding propriétaire du club du FC Copenhague, qui génère une partie significative de ses revenus provenant d’activités immobilières et de l’exploitation de centres de loisirs, a vu son action flamber de 766% depuis son admission sur le marché financier en novembre 1997, pour atteindre une valorisation de 450 millions d’euros. En bas du classement figurent l’Ajax d’Amsterdam, la Juventus de Turin, Newcastle FC et l’AS Roma, avec des baisses respectives de 38%, 50%, 54% et 85%. Le club allemand BVB Dortmund évolue dans une autre division : sa valeur a chuté de 80% depuis octobre 2000 pour atteindre 123 millions d’euros de capitalisation au 23 janvier. Un chiffre qui tient compte de trois augmentations de capital successives entre mai et décembre 2006 pour remettre le club à flot, après être passé à deux doigts de la faillite.

La stratégie de Jean-Michel Aulas, le PDG d’OL Groupe, est de calquer son modèle économiques sur les grands clubs

Pour éviter ces écueils, la stratégie Jean-Michel Aulas, le PDG d’OL Groupe, est de calquer son modèle économique sur les grands que sont Arsenal ou Manchester United dont le poids relatif des revenus non audiovisuels dans le chiffre d’affaires (hors contrats des joueurs) a pris le pas sur les revenus audiovisuels en atteignant ainsi 60% pour le premier et même 71% pour le second. Mais le grand projet pour déconnecter les résultats de l’entreprise aux résultats sportifs repose sur l’OL Land, un nouveau centre de divertissement situé à Décines dont l’ouverture est prévue en juillet 2010. L’augmentation de capital projetée par le champion de France a justement pour but de financer partiellement l’infrastructure. Rien que pour le stade, la dépense est estimée dans une fourchette comprise entre 230 et 270 millions d’euros.