Coup d’arrêt pour les introductions en Bourse ?


Les conséquences de la crise financière née des prêts hypothécaires à risque aux Etats-Unis (subprime mortgage) se multipliée.

Dernières victimes en date, les introductions en Bourse qui pâtissent de conditions de marché plus difficiles – comme l’atteste l’échec de l’admission de la société bretonne sur Alternext – les grands gestionnaires d’actifs mondiaux se détournant des actions au profit des matières premières. Le cabinet PricewaterhouseCoopers a certes dénombré une hausse de 19% du nombre d’IPO, comme les dénomment les spécialistes, sur les Bourses européennes pour atteindre 179 opérations au troisième trimestre 2007 (151 pour la même période en 2006). Mais le total des capitaux ainsi levés, soit 12,767 milliards d’euros, s’inscrit en recul de 22% par rapport aux 16,348 milliards d’euros recueillis au même trimestre de l’année 2006. « Le repli marqué du volume et des capitaux levés en septembre par rapport au même mois de l’année précédente semble révélateur d’une prudence accrue des marchés, imputable aux incertitudes qui touchent les marchés mondiaux de la dette », explique Thierry Charron, chez PricewaterhouseCoopers. Cette étude met une fois de plus la bourse de Londres à la première place européenne, tant en valeur qu’en volume, avec 79 IPO totalisant 6,354 milliards d’euros contre 77 totalisant 11,681 milliards d’euros au troisième trimestre 2006. Des chiffres qui marquent un net repli en valeur avec un effondrement de 46%. La tendance est plus mesurée pour Euronext, qui regroupe les marchés de Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne a enregistré avec une chute de « seulement » 22% des fonds levés au troisième trimestre à 1969 millions d’euros. Sur la place de Paris, la seule opération d’envergure recensée depuis l’éclosion de la crise est celle en octobre de Bureau Veritas, spécialisé dans les services d’évaluation de conformité et de certification, avec la cession par son actionnaire Wendel de 32.839.750 actions soit environ 31% du capital pour environ 1240 millions d’euros. Ce repli généralisé, en termes de capitaux levés, reflète notamment la taille plus réduite des opérations les plus importantes, puisque la valeur moyenne des cinq principales n’atteint que 739 millions d’euros contre 2312 millions d’euros au troisième trimestre 2006. L’heure est donc aux opérations de petite taille : sur Euronext Paris, les 35 opérations réalisées depuis le 1er juillet ont été principalement le fait de valeurs moyennes avec 23 inscriptions sur le Marché Libre et 9 sur Alternext, marché alternatif dédié aux petites et moyennes entreprises. S’y distinguent des opérations « exotiques » avec l’entrée sur le marché français des deux premières sociétés chinoises, le fabricant de capteurs de pression pour les pneumatiques Lionax et l’éditeur de services pour téléphones mobiles Easson Telecom. Quelle tendance est attendue pour la fin de l’année ? « Le marché des IPO n’est pas actuellement dans une phase débordante d’activité. Malgré tout, […] le flux de dossiers en préparation pour les six mois à venir nous paraît favorable. S’il est une catégorie d’IPO pour laquelle nous avons observé un ralentissement, c’est celle de dossiers présentés par des fonds de capital-investissement. Mais leur absence est compensée par les entreprises étrangères ainsi que par d’autres types de transactions tels que les scissions », augure Thierry Charron.