Covéa Finance : une vision des marchés actions très prudente


Covéa Finance perçoit des éléments favorables à une prise de risque supplémentaire. En dépit de ce constat d'une revalorisation potentielle des cours, la société de gestion française préfère rester très prudente notamment sur le marché actions. Revue de détails des forces contradictoires.

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L’inflation favorise la prise de risque

Dans sa lettre mensuelle, Covéa Finance estime qu’il existe au moins trois raisons d’être de nouveau enclin à se réexposer au risque. La société de gestion cite tout d’abord la forte baisse des valorisations en 2011. La seconde raison réside dans l’évolution de l’endettement public au sein de la zone Euro, qui selon elle, n’a « plus rien à envier aux Etats-Unis ». Elle évoque également l’inflation actuelle qui fait des titres les moins risqués tels que les dettes publiques des grandes zones développées, des titres chers alors qu’ils sont devenus plus risqués qu’ils ne l’étaient. Covéa Finance considère même que le taux « sans risque » n’existe plus.

Attention à la récession en Europe

A contrario, la société de gestion d’actifs affirme qu’il reste de « bonnes raisons de se méfier de ce nouvel engouement, en particulier en ce qui concerne les actions européennes ». Si les entreprises européennes sont très internationalisées bénéficiant ainsi d’une certaine manière de l’ouverture des marchés émergents à l’économie mondiale, l’essentiel de leur profitabilité se fait dans les pays développés et pour beaucoup d’entre elles, spécifiquement en Europe. « Elles doivent s’attendre à subir une contraction de la demande finale sous l’effet de la récession alimentée par des plans publics d’austérité et un niveau d’endettement élevé à un moment où l’accès aux financements s’est significativement réduit », explique Covéa Finance.

D’après elle, la cherté du prix du pétrole et plus largement des matières premières constituent une seconde menace certaine sur la profitabilité des entreprises européennes. Le différentiel de croissance très favorable aux pays émergents est également un vecteur de défiance qui nourrit des anticipations durablement haussières sur ces marchés en raison des tensions sur l’offre que le rythme de croissance des économies émergentes impose aux économies matures.

Ces derniers éléments adossés au contexte électoral, tout comme l’instabilité sociale et fiscale induite, Covéa Finance garde un biais très prudent sur les marchés actions en général conservant toutefois une forte exposition au marché américain. « Malgré certaines similitudes avec l’Europe, les Etats-Unis conservent des atouts majeurs comme une banque centrale active, et voient de nouveau émerger le retour à une plus grande autonomie énergétique », conclut la société de gestion.