Crowdfunding : « Bolden simplifie la vie des prêteurs »

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Interview-Le prêt participatif se développe à grande vitesse en France et les plateformes se multiplient. Pour Tristan Grué, fondateur et directeur général de Bolden, ce nouveau site se différencie de ses concurrents par les services innovants qu'elle offre aux prêteurs.

Tristan Grué, fondateur de Bolden

 


Toutsurmesfinances.com : Quelles sont les caractéristiques du site de prêt participatif Bolden, qui va être lancé au mois de février 2015 ?
Tristan Grué, fondateur de Bolden : L'idée de cette plateforme est de simplifier la vie des prêteurs. Bolden opère une vraie différenciation par rapport aux autres acteurs du crowdlending [crowdfunding par le prêt, NDLR], avec un service client abouti et de nombreuses innovations.

Du côté des emprunteurs, nous souhaitons financer des PME [petites et moyennes entreprises, NDLR] qui ne rentrent pas forcément dans les cases des banques. Nous pensons représenter une offre complémentaire aux banques, c'est-à-dire que nous finançons des projets qu'elles ne peuvent pas financer, souvent pour des contraintes prudentielles. Nous ne sommes pas soumis à la même réglementation, il y a donc de nombreux beaux projets qui se prêtent parfaitement au crowdlending. Lorsqu'elles sont sélectionnées, nous permettons aux PME d'emprunter entre 20.000 et 400.000 euros.

Comment choisissez-vous les PME présentées aux internautes ?
Nous filtrons d'abord ces entreprises avec des techniques bancaires. Nous appliquons tout d'abord un premier filtre avec Altares, une société de notation de crédit qui fait référence dans son domaine. Ce travail nous permet d'éliminer très rapidement les entreprises fragiles d'un point de vue financier et celles qui ont des mauvais comportements de paiement.

Dans un deuxième temps, nous effectuons un travail plus « humain ». Les PME sont analysées au cas par cas par mes soins et ceux d'un comité d'investissement qui se réunit une fois par semaine. L'objectif est d'allier des critères tirés des meilleures techniques financières avec une approche humaine. Nous étudions l'histoire de la société, ses projets à court terme et à plus long terme, la personnalité des hommes et des femmes clés dans la PME. Nous conseillons aussi parfois. C'est un travail qui prend du temps. Au final, nous présentons aux internautes entre 5 et 10% des projets entrants.

« Prêter au même taux à toutes les entreprises n'est pas logique »

Ces entreprises ont-elles un point commun ?
Notre but est de sélectionner des entreprises en croissance, avec un projet cohérent. Par ailleurs, il faut que la somme demandée corresponde à un besoin et ne constitue pas une bouée de sauvetage pour l'entreprise. Surtout, nous souhaitons mettre en avant des projets ambitieux, d'où le nom de Bolden, puisque Bold signifie audacieux en anglais.

Pour le reste, notre sélection n'est pas biaisée. Nous avons vocation à financer des PME dans la France entière, de tous secteurs d'activités, sans aucune restriction. Toutes les entreprises passent au même crible et sont les bienvenues sur Bolden.

En contrepartie du risque, quel rendement les prêteurs peuvent-ils espérer ?
Nous avons la particularité de fixer les taux d'intérêt, déterminés à partir de notre grille de notation. Plus l'entreprise est solide, plus le taux est évidemment bas. La rémunération minimale correspond à une base de 3%, à laquelle nous ajoutons une prime de risque en fonction de la PME. Le taux maximum peut ainsi atteindre 8%.

Contrairement à certaines plateformes qui pratiquent le système des enchères, nous fixons donc le taux nous-mêmes, ce qui nous semble plus juste pour le prêteur et l'emprunteur. Prêter au même taux à toutes les entreprises n'est pas logique. Cela suppose que les prêteurs disposent des connaissances suffisantes. Nous considérons que nous leur devons à chacun un conseil et une offre pour un deal gagnant-gagnant. Notre objectif est de simplifier la vie des prêteurs : il faut donc les accompagner et c'est ce que nous faisons.

« Introduire un accès anticipé à l'épargne »

Quelles techniques utilisez-vous pour limiter le risque des internautes ?
D'une part, le ticket d'entrée est limité à seulement 20 euros. On peut donc financer des projets et soutenir des PME avec de petites sommes et un risque limité. De plus, dès notre lancement, nous allons proposer des « packs financeurs », avec des montants de 5.000, 10.000 ou 20.000 euros. Ces formules permettent aux internautes de prêter de manière semi-automatique puisque nous leur proposons une sélection de projets. Ils ont un droit de veto s'ils ne veulent pas investir dans telle ou telle entreprise. Nous diversifions donc pour les personnes qui n'ont pas la compétence pour le faire, celles qui ne le veulent pas ou qui n'en ont pas le temps. Elles diversifient ainsi leurs investissements et donc, comme chacun sait, limitent leur risque.

Comment vous rémunérez-vous ?
Nous nous rémunérons de deux manières. D'un côté, nous prélevons de 3 à 5% du montant levé par l'emprunteur en fonction de la durée du prêt. Au niveau du financeur, un taux de 1% par an est prélevé sur les intérêts reçus. Concrètement, si un prêteur finance un projet à un taux de 8%, il percevra réellement 7% par an. Ces frais sont dégressifs : par exemple, pour un pack financeur de 20.000 euros, les frais sont nuls.

Ce prélèvement sur les prêteurs vise à améliorer leur sécurité et à financer plusieurs innovations à l'étude actuellement : nous prévoyons notamment d'introduire un accès anticipé à l'épargne, c'est à dire la possibilité d'avoir accès à son épargne avant le terme du contrat de prêt. Nous réfléchissons également à un moyen de dédommager les prêteurs en cas de défaillance d'une entreprise. Nous proposons donc un vrai service client aux prêteurs.


Propos recueillis par Thibault Lamy


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