Crowdfunding : « Prexem offre une assurance collective »

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INTERVIEW – Le site de prêt participatif Prexem se démarque des autres plateformes de crowdfunding par une protection renforcée des épargnants. Son co-fondateur Valéry Giard présente les innovations qui font de Prexem un acteur à part dans le secteur du financement participatif.

Valéry Giard, co-fondateur de Prexem

 

Toutsurmesfinances.com : La plateforme Prexem permet aux internautes de financer des TPE/PME par le prêt. Pourquoi avoir lancé ce site de crowdlending ?
Valéry Giard, co-fondateur de Prexem : La plateforme Prexem a été fondée en juillet 2014 et est opérationnelle depuis mai 2015. Dès l'annonce de la naissance d'un cadre réglementé pour le crowdfunding et d'une ouverture du monopole bancaire en 2014, nous avons décidé de saisir cette opportunité pour favoriser le financement des TPE et PME françaises. Ces dernières souffrent d'un durcissement des conditions d'octroi du crédit de la part des banques. De leur côté, les particuliers voient leurs supports d'épargne devenir de moins en moins intéressants, avec un Livret A qui ne rapporte plus que 0,75%. Il n'existe aujourd'hui aucun placement convenable en termes de couple rendement-risque. Notre plateforme propose une nouvelle alternative, avec des taux d'intérêt compris entre 5 et 10%.

De nombreux sites de prêt participatif existent déjà. Comment vous différenciez-vous des autres plateformes ?
Prexem présente deux spécificités par rapport aux plateformes existantes. La première est un algorithme, développé en partenariat avec l'école Polytechnique, qui permet d'analyser les données financières des sociétés qui candidatent pour obtenir un prêt sur notre plateforme. Pour parvenir à cet algorithme, nous avons étudié pas moins de 870.000 sociétés françaises sur la période 2010-2014.

Cet outil donne une estimation de la probabilité de défaut du projet sur la durée du prêt demandée. Nous sommes la seule plateforme à communiquer ces informations à notre communauté de prêteurs. Nous les présentons concrètement sur notre site sous la forme d'un indice de solvabilité.

Le tri effectué par l'algorithme intervient après une première analyse automatique à la lecture de la liasse fiscale de la société qui nous permet de donner une réponse d'éligibilité en 48 heures. Après le second filtre de l'algorithme, une troisième étape de sélection provient de l'approche fondamentale effectuée par les analystes crédit qui discutent avec les dirigeants de la société pour comprendre l'historique financier de la société, son projet de développement et les prévisions financières qui nous sont communiquées.

Outre l'information communiquée aux prêteurs, l'algorithme permet également de tarifer le montant du prêt en fonction du risque que représente la société. Le taux d'intérêt est également fonction de la durée de remboursement qu'elle souhaite retenir.

« Nous couvrons tout ou partie de l'investissement »

Prexem attache donc une importance forte au choix des projets présentés...
Tout à fait. Sur les cinq premiers mois, nous avons reçu près de 40 millions d'euros de demandes de financement. Finalement, nous avons sélectionné 10 projets pour un total de 320.000 euros. Notre taux de sélectivité s'affiche ainsi à 0,89%.

Les prêteurs ne sont toutefois pas à l'abri d'un défaut de l'emprunteur ?
Oui, et c'est ici qu'intervient la deuxième spécificité de Prexem, notre fonds de protection. Il est pour nous inconcevable que les prêteurs soient les seuls à prendre le risque de l'investissement. Pour chaque projet, nous communiquons un montant de protection dérivé de notre algorithme. Cette somme est fixe sur toute la durée du prêt. Dès le début, un pourcentage de l'investissement des prêteurs est protégé par le fonds de protection et peut être activé en cas de défaut de l'emprunteur.

Tous les mois, les prêteurs récupèrent une partie du capital. Leur exposition diminue donc avec le temps alors que le montant de protection alloué à chaque projet reste le même. La protection atteint 100% dès que le capital restant dû est inférieur au montant de protection communiqué au départ. Nous couvrons donc tout ou partie de l'investissement, et ce dès le premier jour, sans délai de carence.

Par qui ce fonds est-il financé ?
Le fonds de protection des prêteurs a été financé sur nos fonds propres à l'origine. Aujourd'hui, nous prélevons aux emprunteurs 0,5% du montant de leur financement pour alimenter le fonds, qui s'incrémente en permanence jusqu'à ce qu'un premier défaut intervienne. Il évolue en permanence au fur et à mesure des financements. C'est une sorte de mutualisation partielle du risque et une assurance collective imposée aux emprunteurs pour protéger leur communauté de prêteurs.

Le fonds appartient à la communauté de prêteurs. Prexem ne peut en retirer aucun euro. Nous avons d'ailleurs externalisé la gestion de ce fonds à notre prestataire de services de paiement, LemonWay, pour un maximum de transparence.

Propos recueillis par Thibault Lamy

Sur la protection des internautes dans le crowdfunding
Chez Finsquare, une assurance contre le risque de défaillance des PME

 

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