Crowdfunding : un premier pas vers la négociation d’actions non cotées


La plateforme de financement participatif SmartAngels prépare l'édification d'une véritable place d'échanges de titres non cotés entre investisseurs. C'est tout l'enjeu du partenariat technologique conclu avec une filiale de BNP Paribas s'appuyant sur la technologie Blockchain.  

SmartAngels : la technologie blockchain au service du crowdfunding

Le crowdfunding a trouvé un public en permettant à des particuliers d’accéder en quelques clics à l’investissement dans des start-up et PME non cotées en Bourse. Il parviendra certainement à l’élargir en facilitant la revente des parts ainsi souscrites. C’est dans cette logique que s’inscrit le partenariat technologique noué par SmartAngels, l’une des principales plateformes de financement participatif en capital en France, avec BNP Paribas Securities Services. Objectif : utiliser la technologie Blockchain (qui a servi de base à la mise en œuvre de monnaies virtuelles comme le Bitcoin) pour dématérialiser le registre de titres de détenteurs d’actions non cotées. Une façon de mettre un terme à un anachronisme.

Registre tenu à l’ancienne

« Sur SmartAngels, tout est digitalisé, sauf la tenue du registre de propriété des titres, qui n’est soumise à aucune réglementation. Actuellement, ce listing est tenu par l’entreprise émettrice, le plus souvent par son avocat et les contrôles s’effectuent manuellement. Avec l’accroissement des volumes collectés et du nombre d’investisseurs, il était devenu indispensable de numériser ce processus », explique Benoît Bazzocchi, président-fondateur de SmartAngels.

Dans le cadre de ce partenariat, BNP Paribas Securities Services développe un registre utilisant la technologie Blockchain qui permettra de comptabiliser de façon automatique les titres émis par les entreprises qui se financent sur SmartAngels. Les investisseurs souscrivant ces parts verront leurs paiements traités instantanément et des e-certificats leur seront émis aussitôt. Ce qui offre une « traçabilité complète des opérations faites sur ces titres », souligne Benoît Bazzocchi. Selon ce dernier, la mise au point du registre virtuel devrait s’achever dans le courant du second semestre 2016. « Les premières entreprises devraient ainsi être listées entre octobre et décembre », précise-t-il.

Transactions de titres de PME non cotées

La dématérialisation du processus de conservation et de tenue de compte de titres non cotés est une chose, les possibilités qu’elle offre dans un avenir proche aux investisseurs en est une autre. « L’intégration de la technologie Blockchain sur une plateforme de crowdfunding comme la nôtre signifie que l’on va rapprocher le système de ceux opérés sur les marchés de capitaux de type Euronext », avance le président de SmartAngels. En d’autres termes, ce développement jette les bases d’une place de marché qui donnera l’opportunité aux investisseurs d’échanger des titres non cotés directement sur SmartAngels.

Ce marché secondaire des entreprises inscrites sur la plateforme n’est cependant pas pour tout de suite. Il est question d’ouvrir une place d’échanges de gré à gré « probablement en 2017 ». L’ouverture d’un véritable marché de capitaux n’est pas envisagée avant 2018.

Relations émetteur-actionnaires facilitées

SmartAngels va aussi profiter de cette démarche pour simplifier la gestion des relations entre les entreprises et leurs investisseurs. « Avec un registre dématérialisé, on peut communiquer très simplement à l’ensemble de son actionnariat à jour en temps réel. Il sera aussi possible d’intégrer toutes les obligations juridiques, comme la convocation ou la tenue des assemblées générales », augure Benoît Bazzocchi.

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