Crowdlending : 1 million d’euros prêtés à une PME, une première


La plateforme de prêts aux PME Lendix est parvenue à boucler un financement de 1 million d'euros pour une entreprise en une seule tranche. Un record lié à l'intérêt croissant des prêteurs mais aussi à un cofinancement systématique par un fonds abondé par des investisseurs et des particuliers fortunés.  

Lendix : prêt de 1 M€ à une PME

Un cap qui symbolise l’essor du crowdlending, le prêt aux TPE-PME par des particuliers via des sites internet spécialisés. Pour la première fois, une PME a levé 1 million d’euros en une seule tranche lors de sa campagne de financement effectuée sur Lendix, plateforme inaugurée par Alain Ducasse Entreprise au printemps 2015. Un record qui intervient un an après l’émergence, au 1er octobre 2014, d’un cadre juridique favorisant l’essor du financement participatif en France.

Alternative aux banques

Cet emprunt de 60 mois a été contracté par Orexim, une société foncière familiale située à La Jaille Yvon près d’Angers qui investit dans de l’immobilier pour le mettre en location à des entreprises. Pourquoi recourir à une plateforme de financement participatif ? « Cette société n’éprouve aucun problème pour se financer auprès des banques quand elle achète des immeubles, ceux-ci pouvant être apportés en garantie. Mais quand il s’agit de travaux à financer, il y a un blocage, l’immeuble faisant déjà l’objet d’un nantissement », observe Olivier Goy, président-fondateur de Lendix. Le crowdlending est une alternative aux banques, qui permet dans le cas présent d’éviter à l’emprunteur de souscrire un crédit assorti d’une caution personnelle.

En six mois, les épargnants ont prêté 5,7 millions d’euros à 32 sociétés de toutes tailles via Lendix. Olivier Goy admet avoir été surpris d’attirer « de plus grosses entreprises que ce que l’on avait imaginé au démarrage » qui cherchent à diversifier leurs sources de financement, comme 5àsec, leader mondial du pressing. En revanche, la pratique est loin d’être entrée dans les mœurs du côté des TPE-PME, d’abord par ignorance de l’existence de plateformes de crowdlending, mais aussi « une fois le travail de pédagogie effectué, par crainte naturelle de laisser tomber leur banque », constate le dirigeant de Lendix.

Prêts des particuliers complétés par des investisseurs institutionnels

Du côté des prêteurs, Lendix observe un comportement « addictif ». Une fois membre actifs, ils souscrivent en moyenne à « 2 dossiers sur 3 mis en ligne », pour un ticket moyen de 245 euros et un taux d’intérêt moyen de 6,5% (7,5% dans le cas d’Orexim) avant impôts et prélèvements sociaux.

Pour Olivier Goy, le succès de la formule tient à la « double clientèle de prêteurs » de Lendix. Outre la communauté des prêteurs individuels, chaque projet est cofinancé par un fonds commun de titrisation (FCT), abondé par des investisseurs institutionnels (assureurs, mutuelles) et des grandes fortunes. « Lorsqu’un dossier se présente sur la plateforme, 51% du montant du prêt est financé d’emblée par le FCT. Et si à l’issue de la campagne l’enveloppe n’a pas été totalement souscrite, le FCT finance le complément ». Un modèle similaire aux géants anglo-saxons du crowdlending que sont Lending Club et Lending Circle.