Démantèlement d’une plateforme illicite de Bitcoin


Trois personnes ont été interpellées pour trafic de Bitcoins dans le Sud de la France. Un coup de filet qui intervient seulement quelques jours après une nouvelle mise en garde de l'Autorité des marchés financiers sur les risques liés aux monnaies virtuelles.      

Bitcoin

Une première dans l’histoire du Bitcoin. Un trafic de la monnaie virtuelle a été démantelé dans le Sud de la France les 2 et 3 juillet 2014. Les gendarmes de la section de recherche de Midi-Pyrénées ont procédé à l’interpellation de trois personnes à l’origine d’une plateforme d’échange de Bitcoins qui ne possédait pas d’agrément de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

 

 

2.750 transactions pour un total d’un million d’euro

Un joli coup de filet pour les gendarmes qui ont saisi pas moins de 388 Bitcoins d’une valeur de près de 200.000 euros. De nombreuses cartes bancaires ainsi que du matériel informatique ont également été retrouvés chez les suspects. « Il s’agit là du premier démantèlement au niveau européen d’une telle plateforme illicite d’échange de Bitcoins », a indiqué la gendarmerie dans un communiqué. Au total, l’enquête a révélé 2.750 transactions effectuées sur la plateforme en ligne dans le cadre d’opérations de change entre novembre 2013 et juillet 2014. Leur montant est estimé à plus d’un million d’euro.

 

Immédiatement, les autorités ont fait fermer le site illégal mettant fin par la même occasion à un projet de casino en ligne « entièrement dédié aux crypto-monnaies ». Les autorités craignent également que le site ait servi à blanchir de l’argent, une des principales inquiétudes des autorités monétaires concernant les monnaies virtuelles.

 

Des mises en garde répétées

Cette interpellation intervient quelques jours après la mise en garde de l’Autorité des marchés financiers (AMF), qui pointait du doigt le 4 juillet dernier « l’absence de qualification et de cadre juridique protecteur » autour de la monnaie virtuelle. Avant d’ajouter que derrière « l’avantage affiché de réduire le coût des transactions financières, il n’y a pas de garanties pour l’investisseur », qui peut tout perdre à tout moment, comme la liquidation de la plateforme MtGox l’a prouvé.

 

« Nous souhaitons que les investisseurs comprennent bien l’ampleur des risques attachés à ces monnaies, Bitcoin en tête », a achevé le chef économiste de l’AMF, Olivier Vigna. Cet avertissement vient s’ajouter à ceux de la Banque de France et de l’Autorité bancaire européenne (ABE) qui déplorent également la volatilité du Bitcoin et le flou juridique qui l’entoure. L’ABE a ainsi conseillé aux banques européennes de cesser de proposer des comptes libellés dans des monnaies virtuelles tant qu’aucune réglementation n’a été définie.

 

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