Diabète de type 2 : Poxel en Bourse pour financer 2 ans de recherche


Poxel, une société de biotechnologies lyonnaise, développe une nouvelle classe de médicaments antidiabétiques par voie orale. Elle cherche à lever de 22,5 à 36,4 millions d'euros sur la Bourse de Paris. Et espère conclure un partenariat avec un grand laboratoire pharmaceutique pour commercialiser son traitement.  

Poxel : introduction en Bourse sur Euronext Paris

Près de 400 millions de personnes souffrent de diabète de type 2 dans le monde, la forme la plus courante (90% des malades) de diabète. Et ils seront près de 600 millions à l’horizon 2035, d’après certaines études. Pour enrayer efficacement la progression de cette maladie chronique et évolutive, dont les complications peuvent entraîner la mort, la société de biotechnologies lyonnaise Poxel a développé un nouveau traitement antidiabétique par voie orale, prêt à entrer dans sa dernière phase de recherche clinique (phase 3).

Retarder l’insulinothérapie par voie injectable

Nommé Imeglimine, le candidat médicament a un double effet : il augmente la sécrétion d’insuline tout en améliorant son efficacité puisqu’il diminue la surproduction de glucose et augmente son utilisation. Seul ou associé à d’autres traitements administrés par voie orale comme Januvia (Merck, près de 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an), il a vocation à améliorer la prise en charge des patients. « L’objectif est de les maintenir le plus longtemps possible sous traitement oral », indique Pascale Fouqueray, cofondatrice de Poxel en charge de la direction médicale. Il s’agit de retarder le passage à l’insulinothérapie par voie injectable, plus complexe d’utilisation, mal appréciée par les patients et chère pour les systèmes de Sécurité sociale.

La levée de fonds en cours a pour but de réaliser des études complémentaires sur les bénéfices de l’Imeglimine, afin de « donner le temps à Poxel de trouver le partenaire de choix » pour financer la phase 3 puis la mise sur le marché du produit aux États-Unis et en Europe. Les dirigeants indiquent être en discussion avec les plus grands laboratoires pharmaceutiques, dont la plupart ont érigé le traitement du diabète en axe stratégique.

Consommation de la trésorerie en 2 ans

Les fonds seront aussi consacrés au développement de l’Imeglimine au Japon, où le cycle d’études cliniques est moins lourd et plus court, en vue d’une commercialisation avec un partenaire local attendu à partir de 2018. Une partie des sommes récoltées sera allouée à l’amorçage dès 2015 d’une étude clinique de phase 1 pour PXL770, second candidat antidiabétique qui s’emploie à mimer les effets du sport sur le métabolisme.

« La trésorerie actuelle (10 millions d’euros à fin 2014, NDLR) et le produit de l’augmentation de capital permettent d’assurer le financement de Poxel jusqu’à fin 2016 – début 2017 », précise Thomas Kuhn, cofondateur et directeur général de l’entreprise.

L’introduction en Bourse sur le compartiment C d’Euronext Paris, dont la période de souscription est ouverte jusqu’au 4 février pour les particuliers, consiste en une augmentation de capital minimum de 22,5 millions d’euros à 36,4 millions d’euros dans le meilleur des cas. Les investisseurs actuels (dont BPI France) se sont engagés à souscrire pour 10 millions d’euros. Chose rare, l’opération est ouverte Etats-Unis, qui permettra aux fonds biotech de participer à l’opération dans le cadre d’un placement privé.

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