Enertime : la Bourse pour faciliter l’essor commercial à l’export


L'introduction en Bourse d'Enertime vise à augmenter ses fonds propres pour lever un frein à son commerce d'équipements de transformation de chaleur en électricité à l'international. Et à passer du statut de start-up à celui de société cotée crédible vis-à-vis de ses clients et prospects, principalement de grands industriels soucieux de leur efficacité énergétique.  

Enertime entre en Bourse

Gilles David, PDG et cofondateur d’Enertime, en est convaincu. « Les machines ORC seront au XXIème siècle ce que furent les machines à vapeur au XIXème. » La PME, qui conçoit et fabrique des machines, dites ORC, dédiées à la transformation de chaleur en électricité, réalise une introduction en Bourse par augmentation de capital pour renforcer sa structure financière. Montant recherché : environ 5 millions d’euros à un prix de souscription compris entre 7,65 et 10,35 euros par action. L’opération est éligible au plan d’épargne en actions (PEA), au PEA PME, ou aux réductions d’impôt Madelin (impôt sur le revenu) et Tepa (ISF).

Acquérir une crédibilité financière

« L’objectif de cette levée de fonds est de faire en sorte que nos clients nous voient comme un industriel crédible, explique Gilles David. La concurrence n’est pas nulle mais faible, nous avons un vrai boulevard devant nous. Il nous faut juste un peu de capital pour faire exploser la société. Nous voulons devenir l’un des fleurons de l’industrie, nous avons besoin du soutien financier des Français. » Des capitaux qui permettront, au-delà des besoins de trésorerie nécessaires à la poursuite de l’activité évalués à 1,9 million d’euros sur les 12 prochains mois, de fluidifier les relations commerciales dans le cadre des ventes à l’exportation.

A l’export, les acheteurs étrangers exigent des cautions correspondant au montant des acomptes versés. N’ayant pas encore accès aux garanties Coface, Enertime est contrainte de bloquer des titres pendant plusieurs mois en guise de gage. A fin 2015, un demi-million d’euros était ainsi immobilisé… autant que le chiffre d’affaires annuel de l’entreprise ! Une situation à laquelle l’augmentation de capital doit mettre un terme.

Valorisation de la chaleur perdue

Enertime cible en priorité un marché de niche, la valorisation de la chaleur perdue (ou chaleur fatale dans le jargon industriel) dans l’industrie, en particulier les secteurs gourmands en énergie comme les aciéries, les cimenteries, les verreries ou les alumineries, dans le cadre de projets sur mesure. La société est en mesure de fournir des turbines ORC seules, qu’elle conçoit et assemble elle-même, ainsi que des machines complètes (incluant une turbine) dont l’assemblage est sous-traité, destinées à réinjecter de l’électricité directement dans le circuit électrique de l’usine équipée.

Des projets d’une puissance comprise entre 1 et 5 mégawatts (MW) représentant en moyenne un chiffre d’affaires de l’ordre de 1,5 million d’euros par MW, où la concurrence se limite essentiellement à Turboden, société italienne à capitaux japonais (Mitsubishi Heavy Industries) dont la technologie utilise des fluides inflammables peu appropriés dans des milieux sensibles, où règnent de hautes températures. Après avoir validé le concept en 2012 avec une première installation dans une fonderie en Loire-Atlantique, Enertime connaît un véritable décollage de ses ventes depuis 2015. Résultat, un carnet de commandes de 7,1 millions d’euros à ce jour réparti sur quatre contrats, dont l’essentiel sera reconnu en chiffre d’affaires durant l’exercice 2016.

Rentabilité attendue d’ici l’année 2018

A côté de la fourniture d’équipements, la société a récemment lancé une nouvelle offre pour aborder le marché de la prestation de services, où Enertime prévoit de cofinancer avec des industriels des sociétés de projet qui exploiteront ses machines et vendront l’électricité produite. Un premier contrat est en passe d’être signé pour un chiffre d’affaires potentiel de 7,5 millions d’euros, dans le cadre d’un projet dénommé Orcasil. Destiné à améliorer la performance énergétique d’un four de production de silicium sur le site de la société FerroPem, associée au montage, situé dans l’Ain, il a bénéficié d’une aide de 3,5 millions d’euros accordée au titre du volet « Energies Décarbonées » du plan d’investissement d’avenir (PIA). Sa réalisation est conditionnée au bouclage par Enertime… d’une levée de fonds de 5 millions d’euros.

Au total, le management a identifié une quarantaine de projets susceptibles d’être signés sous deux ans, représentant un volume d’affaires potentiel d’environ 100 millions d’euros dans les cinq prochaines années. Selon l’analyse de la banque d’affaires Portzamparc en charge de l’introduction en Bourse, Enertime devrait devenir bénéficiaire en 2018 avec un chiffre d’affaires de 20,6 millions d’euros pour un résultat net de 1,2 million d’euros. Des perspectives que le PDG d’Enertime juge « pessimistes », Gilles David espérant atteindre l’équilibre financier dès 2017, avec un chiffre d’affaires d’au moins 10 millions d’euros.

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Enertime: modalités de l’IPO

Marché de cotation
Alternext Paris

Codes de l’action
Mnémonique : ALENE
Code ISIN : FR0011915339

Fourchette de prix indicative
7,35 – 10,35 euros par action (prix médian : 8,85 euros)

Nature de l’opération
Augmentation de capital (5 M€ en milieu de fourchette, jusqu’à 7,4 M€ en cas de forte demande)

Nombre de titres émis
Entre 555.555 et un maximum de 734.721 actions ordinaires nouvelles à émettre

Eligibilité des titres
PEA, PEA-PME ou ISF-Tepa

Calendrier de l’IPO
Mardi 14 juin 2016 : visa de l’AMF sur le prospectus
Mercredi 15 juin 2016 : ouverture de l’offre
Vendredi 1er juillet 2016 : clôture de l’offre pour les particuliers à 17 heures (guichet de banque) ou 20 heures (en ligne)
Lundi 4 juillet 2016 : résultat de l’offre, fixation du prix par action
Mercredi 6 juillet 2016 : règlement-livraison des actions
Jeudi 7 juillet 2016 : début des négociations sur Alternext