Epargne et Vous : Comment faire face à la chute des cours de Bourse ?


MES FINANCES TV - Dans ce nouveau numéro de votre émission Epargne & Vous, Philippe Crevel, économiste et secrétaire général du Cercle de l'Epargne revient sur l'attitude à adopter face à l'actuelle chute des cours de Bourse.

CREVEL-BOURSE-480x360

« Depuis le point haut au mois de juin dernier, la Bourse de Paris a perdu environ 15% », explique Philippe Crevel. Dans ce cas, quel comportement faut-il adopter : doit-on se séparer de ses actions le plus vite possible, ou au contraire en acheter afin de bénéficier d’une éventuelle remontée des cours ? Philippe Crevel, économiste, nous expose son point de vue.

 

La Bourse est fluctuante

Dans un premier temps, il faut rappeler que 2012 et 2013 ont été de très bonnes années pour la Bourse, avec respectivement 15% et 18% d’augmentation. Dans ce cas, 2014 pourrait tout simplement être définie comme une année de consolidation. « En Bourse, il y a toujours des années de hausse, et toujours des années un peu plus difficiles, nous connaissons actuellement une année un peu plus difficile », relativise Philippe Crevel. Cette baisse actuelle que connaît la Bourse n’est en tout cas pas une raison suffisante pour paniquer et en sortir d’un seul coup.

Raison de plus pour garder son son sang-froid, peu de Français sont réellement touchés par la chute des cours de Bourse. En moyenne, seulement 15% du patrimoine de ces derniers est investi en actions contre 85% sur des produits de taux. Les produits de taux n’étant pas directement impactés par les cours de Bourse, la majorité des Français peuvent dormir sur leurs deux oreilles. « Mais pour les contribuables qui veulent entrer sur le marché actions aujourd’hui, comment faut-il s’y prendre ? »

Quelques conseils pour investir en Bourse

« Premièrement, il ne faut jamais investir d’un coup tout son argent sur les valeurs actions », assure notre expert. Il faut diversifier ses risques et en investir progressivement. Jouer la stratégie de la prudence permet de faire face aux aléas des marchés financiers.

« Ensuite, il faut multiplier les zones de placement », conseille Philippe Crevel. Il peut s’avérer intéressant de jouer sur plusieurs tableaux, et ne pas seulement investir en France et dans la zone euro, mais aussi sur les USA et la zone Asie. « Pour ce faire, les OPCVM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières), style SICAV ou FCP, peuvent être des supports de placement judicieux », explique notre spécialiste.

« Il faut aussi savoir arbitrer ses actions », ajoute le secrétaire général du Cercle de l’Epargne. Quand un investissement ne rapporte rien, il faut savoir en changer. Au contraire, quand il prend de la valeur, il faut réussir à le vendre afin de pouvoir engranger une plus-value « et ainsi pouvoir consommer ou investir dans d’autres marchés », commente l’économiste.

Enfin c’est le moment pour étudier le marché. En France, « le CAC 40 avait atteint plus de 6.000 points en 2007, et il n’a jamais récupéré depuis », rappelle l’expert. Le marché contient sûrement beaucoup d’actions sous-cotées : « C’est donc peut-être le bon moment pour acheter », conclut Philippe Crevel.

Pourquoi la Bourse est en baisse depuis plusieurs mois, par Philippe Crevel

Première raison, le ralentissement de l’économie mondiale. Cette perte de vitesse est due en partie à la Chine mais est surtout liée à la zone euro. En effet, la France et l’Italie connaissent une stagnation économique et l’Allemagne, qui était pourtant jusque-là le moteur de l’économie européenne, commence à être impactée. Pour ne rien arranger, la crise ukrainienne et l’embargo entre l’Europe et la Russie ont des effets plus importants que prévu.

Autre source d’incertitude, la politique monétaire américaine. L’économie mondiale attend un changement des USA en matière de taux, ainsi qu’un relèvement par la Banque centrale américaine (le Fed) des taux directeurs. Encore aucune réaction sur ces points de l’autre côté de l’Atlantique, cet attentisme crée des turbulences sur la Bourse de Paris, les Bourses européennes, voire les Bourses mondiales.

Enfin, le virus Ebola pourrait avoir des impacts économiques assez importants dans le secteur du tourisme et des échanges. L’ensemble de ces incertitudes économiques et financières conduit les investisseurs à revoir leurs positions.