Epargne et Vous : faut-il vendre son or ?


Dans ce nouvel épisode d'Epargne et Vous, l'émission consacrée à vos finances personnelles, l'économiste et secrétaire général du Cercle de l'Epargne Philippe Crevel revient sur l'opportunité de conserver ou céder son or, alors que les cours ont chuté ces deux dernières années. Eléments de réponses.

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Le CAC 40 souffre, le taux du Livret A est au plus bas et la croissance stagne. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’économie française peine à sortir de la crise. Dans ces conditions, les épargnants peuvent être tentés de se réfugier dans l’or. Pourtant depuis plusieurs mois, le cours de l’or ne cesse de baisser. Est-ce donc le moment d’acheter ou au contraire de vendre ? Avant de se lancer tête baissée, il faut connaître les tenants et aboutissants de cet actif souvent qualifié de « placement refuge ».

L’offre plus forte que la demande

« Pourquoi le cours baisse ?, s’interroge Philippe Crevel. Il y a plusieurs raisons à cela. » L’or est un produit qui répond aux lois de l’offre et de la demande. Aujourd’hui, l’offre est plus importante que la demande, ce qui oriente logiquement son prix à la baisse. Le prix de l’once s’est littéralement envolé entre 2006 et 2012, conduisant à « des investissements importants dans les mines aurifères pour profiter de cette augmentation », explique l’économiste. En outre, les Banques centrales ont pendant longtemps choisi d’acheter de l’or mais elles commencent à faire machine arrière, accélérant la baisse du cours. Enfin, « il ne faut pas oublier que l’or n’est pas qu’un placement, c’est avant tout une matière première qui sert à l’électronique et à l’informatique », complète notre expert. Avec l’économie mondiale en berne, la demande de ces industries est faible. Tous ces facteurs provoquent un déséquilibre entre l’offre et la demande et « de facto le prix chute », analyse-t-il. Aujourd’hui, l’once avoisine les 1.200 dollars contre plus de 1.600 dollars courant 2012.

Un produit spéculatif

Il n’y a qu’à regarder l’historique du cours de l’once depuis les années 1970 pour comprendre à quel point l’or est soumis aux spéculations. A moins de 200 dollars en 1970, l’once a atteint 1.800 dollars en 1980 avant de chuter à 700 dollars au début des années 1990. Après une relative stabilité jusqu’à 2006, le cours a de nouveau bondi pour grimper jusqu’à 1.600 dollars l’once en 2012. Ainsi il faut rester prudent face à cette forte volatilité. Pour Philippe Crevel, « si vous détenez de l’or depuis très longtemps, ça peut-être l’occasion de vendre ». En revanche, s’il est tentant de profiter de la baisse pour acheter dès aujourd’hui, « on ne sait pas quand le cours va remonter, et de combien. Donc prudence en la matière », prévient le secrétaire général du Cercle de l’Epargne. Enfin, pour les détenteurs d’actions de sociétés aurifères, « il faut attendre [pour arbitrer, NDLR] un peu, car aujourd’hui elles ne sont pas très rentables ».