Epargne : les Français ont plébiscité le livret A en 2011

Par Paul Régnier
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Le Livret A a pour la première fois franchi la barre des 60 millions de détenteurs en 2011. Au cours de l’année dernière, les encours du compte épargne préféré des Français a enregistré une très forte progression (+10,5% par rapport à 2010) notamment grâce au relèvement du taux de rémunération à 2,25%.

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« C’est considérable ». Voilà comment Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et président de l’Observatoire de l’épargne réglementée (OER) a jugé la montée en puissance du Livret A en 2011 lors de la présentation du rapport annuel 2011 de l’Observatoire. Il a ensuite rappelé ses atouts en évoquant sa « rémunération attractive, une liquidité totale, la garantie de l’État, l’absence de toute taxation ».

61,6 millions de Livret A

D’après les données du rapport 2011 de l’OER, la collecte nette du livret A a été très soutenue, ressortant à 20,6 milliards d’euros (comprenant 5,5 milliards d’euros d’intérêts capitalisés), après 10,1 milliards en 2010 et 19,1 milliards en 2009, année de la généralisation de la distribution du livret A. Néanmoins, elle reste inférieure à celle de 2008 (23,6 milliards d’euros) où la grave crise des subprimes avait incité les ménages à placer leur argent sur le livret A et ainsi bénéficier d’une rémunération élevée comprise 3 et 4%. Ainsi, l’encours total du Livret A se monte à 214,7 milliards d’euros, après 193,5 milliards fin 2010, en croissance de 10,5 %, après 5,4 % en 2010.

Pour la première fois, le nombre de détenteurs de Livret A a dépassé 60 millions. Au 31 décembre 2011, le nombre de livrets A détenus atteignait 61,6 millions, pour une population de 65,4 millions en France, ce qui représente un taux d’équipement de 94,3%, bien supérieur à celui d’autres produits d’épargne réglementée tels que le Livret Développement Durable (LDD) qui s’établit à 37,6 %. Toutefois, seuls 8,5% des livrets ont un solde créditeur unitaire égal ou supérieur au plafond qui est fixé à 15.300 euros (hors intérêts). Les livrets d’un montant unitaire compris entre 7.500 et 15.300 euros représentent pour leur part 34,9% des encours globaux. Néanmoins, ce taux d’équipement élevé interpelle l’Observatoire et notamment Christian Noyer qui considère qu’il « subsiste des multidétentions ».

Le taux nominal, meilleur attrait du Livret A

Selon l’observation, le rythme de progression des encours de livrets A est étroitement lié à sa rémunération nominale. Il a ainsi presque doublé au cours de l’année 2011, dynamisé par les deux hausses successives de son taux de rémunération, qui est passé de 1,75% en août 2010 à 2% en février 2011 puis à 2,25% en août 2011. « Les ménages semblent être davantage sensibles à la rémunération nominale de ce placement qu’à sa rémunération réelle », précise l’organisme citant l’exemple de 2009 où la rémunération du Livret A était plus élevée que l’inflation. Cependant, il explique l’afflux de capitaux en 2011 du fait de la « sécurité traditionnelle » offerte par un placement garanti par l’État, totalement liquide et dont la rémunération est défiscalisée face à « une remontée des incertitudes et de la volatilité sur les marchés financiers ».

Cette embellie du Livret A s’est prolongée en 2012. Les chiffres de la collecte se situent sur des niveaux historiques. Au cours des cinq premiers mois de l’année, elle ressort positive de 10,42 milliards d’euros. L’encours total sur le livret s’établit ainsi à 227,3 milliards d’euros à fin mai 2012. Ce flux net positif peut s’expliquer notamment par la volonté du nouveau Président de la République François Hollande de doubler le plafond du produit.

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