Epargne : les Françaises trop frileuses en matière de placements


Les femmes françaises sont celles qui épargnent le plus en Europe d'après une étude du gestionnaire d'actifs BlackRock. Toutefois, difficile d'obtenir une rémunération élevée en plaçant ses économies sur son Livret A ou son compte courant.  

Les rendements de l'épargne des Français ne sont pas satisfaisants

Championnes d’Europe de l’épargne, les Françaises sont très loin du podium lorsqu’il s’agit de faire fructifier leurs économies. L’étude BlackRock Investor Pulse*, réalisée en août 2015 et dont les résultats ont été publiés le 7 mars 2016, montre que 60% des Françaises épargnent, soit le total le plus élevé parmi les pays d’Europe recensés dans l’enquête. En effet, les Néerlandaises suivent de près les Françaises, avec 59%, loin devant la Belgique (48%), l’Espagne (46%) et le Royaume-Uni (44%).

Toutefois, seule une Française sur quatre affirme investir son argent, c’est-à-dire placer ses économies sur un actif risqué pour obtenir un rendement supérieur à celui des placements sécurisés. Ce ratio de 25% est le deuxième plus faible en Europe, devant les Pays-Bas, mais très loin de la moyenne des Européennes (35%), de l’Allemagne (37%), de l’Italie (38%) et surtout de la Suède (58%).

Le moral des Françaises, un frein à l’investissement

Pour le gestionnaire d’actifs BlackRock, la frilosité des épargnantes dans l’Hexagone tient en grande partie à leur pessimisme : « Seulement 28% des femmes se disent optimistes quant à leur avenir financier et 20% pensent obtenir les revenus dont elles auront besoin pour leur retraite, contre 40% et 44% respectivement pour les hommes », explique ainsi Stéphanie Fawcett, responsable de l’Investor Pulse survey pour la France et la Belgique.

Pour préparer leur retraite sans pour autant courir le risque de perdre une partie de leur capital, les femmes épargnent mais majoritairement sur leur compte courant. Leur portefeuille moyen est placé à 62% en liquidités, à 14% sur un fonds en euros d’assurance vie et à 13% sur leur Livret A, 6% en immobilier et seulement 2% en actions. En comparaison, alors que les Européennes épargnent en moyenne encore plus sur leurs comptes courants (67%), elles misent à 16% sur les actions, potentiellement beaucoup plus rémunératrices mais aussi plus volatiles par nature. Logique, donc, dans ces conditions, que les Françaises doivent mobiliser une épargne plus conséquente pour faire face à l’avenir, leurs placements générant moins de gains que pour la moyenne des Européennes.

Ainsi, malgré une réelle volonté de se mettre à l’abri financièrement, le manque de confiance des Françaises les rend particulièrement vulnérables par rapport à leurs consœurs européennes. « Elles n’obtiendront pas les rendements qui leur sont nécessaires à la construction d’une épargne retraite confortable, particulièrement dans l’environnement actuel de taux bas », conclue Stéphanie Fawcett.

*Réalisée dans 20 pays auprès de 27.500 personnes âgées de 25 à 74 ans, dont 1.000 en France.