Epargne : malgré la baisse du taux, le Livret A reste intéressant


En diminution à 1,25% au 1er août 2013, le taux du Livret A atteint un plus bas historique qui pourrait pousser les épargnants à aller voir ailleurs. L'occasion pour certains de s'apercevoir de la baisse généralisée des rendements des produits d'épargne.

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Le Livret A a-t-il perdu tout son intérêt ? Pas si sûr. Car si le taux de rémunération du livret préféré des Français va tomber à 1,25% au 1er août 2013, il soutient toujours la comparaison avec l’ensemble des produits d’épargne bancaire. Tour d’horizon des autres possibilités offertes à l’épargnant.

Premières alternatives au Livret A, les autres produits d’épargne réglementée ne constituent pas tous une solution à privilégier.

Taux identique pour les Livret A, Livret Bleu et LDD

C’est principalement le cas du Livret de développement durable (LDD) dont le taux de rémunération est fidèlement indexé sur celui du Livret A, conformément au règlement n°86-13 du 14 mai 1986 du Comité de la réglementation bancaire et financière (CRBF). L’ex-Codevi présente des caractéristiques identiques au Livret A, à l’exception de sa limite de dépôts de 12.000 euros inférieure aux 22.950 euros. Ainsi, le LDD peut être utilisé comme un complément de rémunération, par exemple si votre Livret A est déjà rempli à son plafond.

Livret Jeune : taux boostés mais plafond limité

Les étudiants ou jeunes actifs peuvent bénéficier de taux bien supérieurs à celui du Livret A en ouvrant un Livret Jeune. Compris entre 3,25% pour BNP Paribas, 3% (Caisse d’Epargne, Banque Postale) et 2,75% (Bred Banque Populaire, Crédit Agricole), ces taux surclassent largement les 1,25% qu’offriront le Livret A et le LDD à partir du 1er août 2013. A noter que la Bred Banque Populaire proposait jusqu’au 1er juillet un taux de 3,50% mais la banque du groupe BPCE a revu la rémunération de son livret à la baisse, visiblement en prévision de la chute du taux du Livret A. Ses concurrents devraient vraisemblablement s’aligner sur ce taux dans les prochaines semaines.

Attention, malgré ces taux alléchants, les Livrets jeunes présentent certains désagréments. Si l’épargne qui y est déposée est tout aussi facile à retirer, le plafond de dépôts, de 1.600 euros, et la contrainte de l’âge – ce livret est réservé aux 12-25 ans – limitent son intérêt à un public bien particulier. De plus, les banques étant libres de fixer elles-mêmes les taux de rémunération de ces livrets, elles peuvent à tout moment décider de les rabaisser.

PEL : rendement protégé

Le plan d’épargne logement (PEL) se présente en 2013 comme une alternative très intéressante au Livret A. En effet, son taux d’intérêt est fixé à 2,50% par un arrêté du 20 janvier 2011. « Ce taux de rémunération, hors prime d’Etat, ne peut être inférieur à un taux plancher fixé par arrêté du ministre chargé de l’économie. Ce taux plancher est au plus égal à 2,50 %. » Nette de prélèvements sociaux (15,5%), cette rémunération atteint 2,11%. Les intérêts du PEL sont exonérés d’impôt sur le revenu pendant les 12 premières années de détention du plan. Cependant, à l’instar du Livret Jeune, le PEL est plus contraignant que le Livret A : en souscrivant un PEL, l’épargnant s’engage à verser au minimum 540 euros par an sur ce produit.

CEL : taux réel négatif

A l’image de la majorité des produits d’épargne réglementée, le compte épargne logement (CEL) va subir une diminution de sa rémunération au 1er août. « Le taux des comptes d’épargne logement hors prime d’État est égal aux deux tiers du taux des livrets A », précise le règlement n°86-13 du CRBF. Traduction : la baisse du taux du Livret A à 1,25% va conduire à une diminution de la rémunération du CEL à 0,75%, soit un taux d’intérêt inférieur à l’inflation hors tabac. Le rendement réel du CEL va donc devenir négatif, corrigé de la hausse des prix à la consommation.

Superlivrets, comptes à terme : rendements élevés mais fiscalisés

Toujours aussi agressifs, les superlivrets présentent des taux stables en juillet 2013, à l’exception du livret Zesto de RCI Banque, qui offre un taux promotionnel brut de 5% pendant 4 mois jusqu’au 31 août, en baisse de 0,5% par rapport à mai 2013. De même, son taux de base a été revu à la baisse, passant de 2,20% à 2%. Inversement, le livret Distingo de PSA Banque, le compte épargne Tookam et le livret d’épargne BforBank offrent des taux promotionnels respectifs de 5,5%, 5,25% et 5% pendant 4 mois, stables depuis plusieurs mois. Cependant, ces taux peuvent être trompeurs puisque hors période promotionnelle, ils retombent respectivement à 2,20%, 2% et 1,70%. Des rémunérations faibles, surtout lorsque l’on sait qu’elles sont brutes, et ne prennent pas en compte prélèvements sociaux (15,5%) et impôt sur le revenu.

Le constat est similaire pour les comptes à terme qui présentent des taux élevés mais pâtissent du fait que les intérêts dégagés sont soumis à l’impôt sur le revenu. Ainsi, le compte à terme à 36 mois de GE Money Bank offre un taux de 4%, celui de VTB Bank de 2,60% à 60 mois. Plusieurs inconvénients doivent également être pointés, comme l’impossibilité d’effectuer des retraits sur ces comptes avant l’échéance du contrat, sous peine de se voir appliquer des pénalités, ou l’existence de seuils minimum de dépôts élevés (au moins 1.500 euros).

Livrets ordinaires : des taux toujours plus bas

Les comptes sur livret, également imposables, sont pour leur part loin de présenter des rendements comparables à ceux des superlivrets. Selon les statistiques de la Banque de France, le taux de rémunération de ces livrets est tombé à 1,45% brut en mai 2013, contre 1,93% un an plus tôt. Autant dire qu’ils ne présentent que peu d’intérêts pour l’épargnant puisqu’après application des prélèvements sociaux, leur rémunération moyenne se borne à 1,2%, avant impôts.