Epargne : pas de rendement aléatoire sans carotte fiscale


L'aversion au risque prédomine chez les épargnants, selon une étude d'OpinionWay sur l'épargne et le financement de l'économie. Mais 41% des Français sont prêts à accepter une volatilité des performances de leurs placements. Pour cela, ils réclament des incitations fiscales.

cours, bourse, epargne, rendement, aléatoire

Les Français sont prêts à invertir une partie de leur épargne dans des placements à risques et notamment les PME françaises. Mais la majorité ne sautera pas le pas sans incitation fiscale. C’est l’un des principaux enseignements d’une étude publiée le 2 septembre 2013 sur l’épargne et le financement de l’économie réalisée par l’institut OpinionWay pour l’Afic (Association française des investisseurs pour la croissance), organisme qui regroupe les professionnels de l’investissement dans les PME non cotées en Bourse.

 

A la question « Quels facteurs pourraient vous inciter à placer une part plus importante de votre capital sur des placements aux rendements variables ? », 52% des sondés mentionnent les avantages fiscaux, seule réponse à recueillir une majorité d’adhésions. Le levier fiscal devient même un facteur majeur d’incitation à la prise de risque pour les personnes disposant d’un patrimoine financier supérieur à 105.000 euros (63%). En plus des incitations fiscales, les épargnants réclament davantage de transparence, puisqu’ils sont 47% à vouloir être mieux informés de l’utilisation ou l’utilité de leurs placements.

 

Aversion au risque pour 71% de femmes

Dans un contexte de baisse de rendement des placements sans risque comme le Livret A, dont le taux est passé de 1,75% à 1,25% au 1er août 2013, 2 Français sur 5 (41%) se déclarent prêts à allouer une part de leur épargne à des placements à rendements variables pour financer les entreprises et espérer obtenir un meilleur rendement. Parmi cette grosse minorité, 3 sur 5 (63%) accepteraient d’y consacrer plus de 6% de leur capital disponible.

 

Pour l’Afic, cette propension des épargnants français à prendre davantage de risques est à souligner alors qu’ils « sont traditionnellement considérés comme peu enclins aux placements actions », seuls 12% d’entre eux détenant un portefeuille d’actions, selon les statistiques de l’Insee. Mais l’aversion des Français au risque reste prédominante : 59% de sondés ne sont pas prêts à accepter une volatilité du rendement de leurs placements en contrepartie d’une meilleure rémunération, dont 71% de femmes.

 

Cette étude intervient à quelques semaines de la présentation du projet de loi de finances pour 2014. Présenté en Conseil des ministres le 25 septembre prochain, le texte devrait contenir plusieurs dispositions sur le financement des PME par l’épargne, comme la création du PEA-PME et la réforme de la fiscalité de l’assurance vie.