Epargne salariale : participation et intéressement en baisse dans les grandes entreprises


Les chiffres de la participation et de l'intéressement reculent dans les grandes entreprises pour la deuxième année consécutive en 2013, selon le « Baromètre du partage du profit » réalisé par Eres. Des résultats que la société experte en épargne salariale impute à la hausse du forfait social.  

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L’épargne salariale est-elle sur le déclin ? Selon les chiffres du « Baromètre du partage du profit 2014 », dont les premiers résultats ont été publiés le 14 octobre 2014, les primes versées par les grandes entreprises françaises à leurs employés via l’épargne salariale ont baissé de 5% entre 2012 et 2013. Les montants moyens versés au titre de la participation, 2.053 euros, et de l’intéressement, 2.420 euros, sont respectivement en baisse de 10 et 8%. La prime dividende, aussi appelée prime de partage des profits, descend elle à 287 euros en moyenne (-4%). Seul l’abondement est en hausse, de 20%, pour atteindre 1.070 euros par salarié.

 

Le « Baromètre du partage du profit » est réalisé par le cabinet de conseil en épargne salariale Eres à partir d’un échantillon de 82 entreprises du SBF 120*. Ce sont celles qui publient leurs primes de partage de profit. Au total, les salariés français de ces grandes entreprises ont touché 3.719 euros au titre du partage des profits. Les actionnaires français ont bénéficié en moyenne de 16.099 euros de dividendes en moyenne sur la même période, soit plus de quatre fois plus que le montant moyen de l’épargne salariale.

 

La hausse du forfait social pointée du doigt

Selon Olivier de Fontenay, associé fondateur d’Eres, « la hausse du forfait social (la cotisation patronale sur les sommes versées au titre de l’épargne salariale, ndlr) a eu un impact direct » sur le niveau des primes de participation et d’intéressement car les entreprises « reportent progressivement » les 12% de hausse du forfait social sur le montant qu’ils redistribuent à leurs salariés. Ces niveaux pourraient donc « se stabiliser quand les entreprises auront intégralement absorbé la hausse du forfait social ». L’abondement a augmenté en 2013 grâce à l’équipement de certaines grandes entreprises en plan d’épargne retraite collectif (Perco), qui se doit d’être abondé directement.

 

 

Pour faire repartir l’épargne salariale à la hausse, le principal levier est évidemment, selon Olivier de Fontenay, le forfait social. Eres s’est positionné pour une modulation du forfait social à deux niveaux. Celui-ci serait supprimé pour les entreprises qui s’équipent en épargne salariale pendant les trois premières années, « un signal fort pour ceux qui mettent le pied à l’étrier ». Il pourrait également être plus faible, voire nul, pour les entreprises qui favorisent les plans d’épargne retraite, comme « une récompense pour ceux qui font l’effort d’épargner sur le long terme ». En revanche, Eres n’est pas favorable à la modulation du forfait social en faveur de l’investissement social responsable (ISR) préconisé par le gouvernement. Cela ferait « peser sur l’employeur le choix du salarié », avance le cabinet de conseil en épargne salariale.

 

*Le SBF (Société des Bourses françaises) 120 regroupe les 120 entreprises dont les valeurs sont les plus liquides parmi les 200 plus grandes capitalisations françaises.

 

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