Epargner pour aider sa famille, une évidence pour 63% des Français


L'entraide familiale, quoi de plus naturel ? 63% des Français considèrent que c'est le rôle d'une famille que d'aider financièrement ses proches en épargnant. Etudes des enfants, fêtes, projets de vie... les occasions ne manquent pas.  

L'entraide financière familiale est une évidence pour 63% des Français.

La famille, ce refuge. Alors que 81% des Français avouent avoir peur de l’avenir, l’entraide familiale prend de plus en plus d’importance, selon un sondage TNS Sofres pour la mutuelle d’épargne Carac présenté le 7 avril 2016.

Les problèmes financiers sont une source d’inquiétude pour 67% des sondés, particulièrement pour les 25-34 ans (82%) qui placent cette préoccupation loin devant la perte d’un proche (74%) ou une mauvaise santé (66%). « Dans ce contexte morose, la famille est plus que jamais considérée comme un refuge, un pilier sur lequel se reposer en cas de difficultés », analyse Nicole Lapierre, socio-anthropologue spécialiste des solidarités intergénérationnelles.

La famille, cet amortisseur financier à la crise

Il n’est donc pas étonnant que 63% des interrogés considèrent que c’est le rôle de la famille que d’aider ses proches quand ils en ressentent le besoin. Seuls 15% estiment qu’une fois un proche indépendant financièrement, il se doit d’être autonome. Pour les 18-24 ans, l’aide familiale est une évidence (78%), de même que pour les 25-34 ans (76%), tandis qu’à mesure que l’âge augmente, cela devient davantage un devoir, pour 36% des 65-75 ans et 28% des 55-64 ans. « L’entraide financière familiale est essentielle aux yeux des Français. Face à la crise économique et à la précarisation (séparation, divorce, famille monoparentale…), la famille joue le rôle d’amortisseur », constate Nicole Lapierre.

Ainsi, 78% des Français ont déjà aidé un proche financièrement, 34% l’ayant fait suite à des difficultés financières d’un membre de leur famille. Les premiers bénéficiaires de cette générosité, lorsqu’elle est mensuelle, demeurent les descendants, enfants (88%) et beaux-enfants (62%). « Les Français ont conscience que leurs enfants sont moins favorisés qu’eux », avance Nicole Lapierre. Toutefois, la solidarité entre frères et sœurs (61%) et envers les parents (65%) n’est pas négligeable.

1.500 euros par an d’aide

D’une manière générale, les jeunes donnent davantage dans le cadre de fêtes (anniversaires, baptêmes, mariages…) tandis que leurs aînés préfèrent être généreux pour parer à des besoins spécifiques : études des enfants, premier achat immobilier, permis de conduire… Seuls 18% des sondés épargnent en vue de préparer la perte d’autonomie éventuelle d’un parent ou des grands-parents et moins d’un sur quatre a préparé financièrement sa propre dépendance. Alors même qu’ils sont 64% à craindre que cela n’arrive à un de leurs proches.

Sans surprise, le montant de l’aide financière familiale évolue en fonction des revenus. En moyenne, celle-ci s’élève à 1.500 euros, « ce qui constitue une somme non négligeable », observe le directeur général de la Carac Jean-Jacques Berthelé. Dans le détail, les sondés percevant moins de 1.500 euros par mois donnent en moyenne 930 euros par an à leur famille. L’aide atteint 1.280 euros par an pour les Français gagnant entre 1.500 et 3.000 euros par mois et 2.230 euros par an pour ceux qui touchent plus de 3.000 euros mensuels. Le directeur général de la Carac voit dans ces montants plutôt élevés « une bonne et mauvaise nouvelle. Les membres d’une même famille s’entraident lorsque le besoin s’en ressent, ce qui est une bonne chose. Mais cela montre aussi que les Français manquent de préparation et n’anticipent pas suffisamment leurs dépenses ».

L’épargne, grande gagnante de la solidarité familiale

Pour mettre à l’abri du besoin ses proches, les Français envisagent massivement de se tournent vers l’épargne (72%) plutôt que vers des contrats de prévoyance (21%), des donations (23%), un testament (28%) ou encore un investissement immobilier (27%). Bien qu’ils rapportent de moins en moins, les livrets d’épargne (LDD, Livret A, LEP…) ont encore la préférence de la moitié des sondés qui privilégient l’épargne. Viennent ensuite l’assurance vie (41%) et le plan épargne logement (24%). Cette appétence pour l’épargne se retrouve dans toutes les générations, bien qu’avec l’âge l’assurance vie gagne du terrain au détriment des livrets. Seuls 17% des interrogés ont réalisé une donation et 9% un testament. « Les donations sont davantage effectuées par les Français aisés, dont le patrimoine est plus important. Il est aussi plus difficile de savoir quelle somme donner en étant certain qu’on n’en n’aura pas besoin à l’avenir, que d’épargner », explique le directeur général de la Carac.