Fiscalité de l'épargne : Alain Juppé veut « très vite » une réforme

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Alain Juppé a jeté à l'antenne d'Europe 1 les bases d'une réforme de la fiscalité de l'épargne. Sans parler de remise à plat totale, il appelle à une réorientation des « placements de père de famille » vers le financement des entreprises, par nature plus risqué.

Alain Juppé veut une réforme de la fiscalité de l'épargne

 

Invité d'Europe 1, Alain Juppé, candidat aux primaires 2016 de la droite et du centre en vue de l'élection présidentielle de 2017, a esquissé les contours d'une réforme de la fiscalité de l'épargne.

« Réorienter l'épargne des Français » vers le financement des entreprises

« Je souhaite distinguer ce qu'il faudra faire très vite, ce que j'appelle mes déclics de confiance, a déclaré l'actuel maire de Bordeaux au micro de Thomas Sotto. [...] En matière fiscale, il faudra réorienter l'épargne des Français qui est très abondante vers le financement de nos entreprises, de nos start-up et de nos PME alors qu'aujourd'hui ça va dans des placements de père de famille, immobilier ou obligations ». Sachant que pour les organisations professionnelles de la finance (Paris Europlace, AFG notamment), il est nécessaire d'orienter les incitations fiscales sur l'épargne à long terme et risquée pour favoriser le financement des entreprises, et non pas sur les instruments liquides et/ou dénués de risques.

*Cette petite phrase porte en germe des changements potentiellement profonds pour l'épargne des Français. Actuellement, les placements les moins risqués bénéficient du cadre fiscal le plus favorable : les intérêts du Livret A et des autres livrets réglementés sont exonérés d'impôt sur le revenu, l'assurance vie bénéficie quant à elle d'une fiscalité réduite de 7,5% au-delà de 8 ans en cas de rachat, y compris lorsque les gains sont tirés du fonds euros, un placement à capital garanti. L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac n'a pas précisé dans quelle mesure il souhaitait changer la donne pour ces placements sans risques.

Quant à l'immobilier, il faut distinguer la fiscalité des revenus fonciers, soumis au barème de l'impôt, du régime d'imposition des plus-values qui permet de bénéficier d'une exonération totale d'impôt sur le revenu après 22 ans de détention (30 ans pour les prélèvements sociaux).

Incitations fiscales multiples mais peu lisibles

Pour sa part, l'investissement dans les entreprises bénéficie d'ores-et-déjà d'un certain nombre de mécanismes fiscaux incitatifs : PEA et PEA PME qui permettent d'investir sur les actions en franchise d'impôt sur les plus-values, réductions d'ISF ou d'impôt sur le revenu en contrepartie d'une souscription au capital d'une PME de moins de 7 ans, ou encore abattements fiscaux pour durée de détention en cas d'investissement à moyen-long terme dans des actions de sociétés cotées ou non cotées en Bourse. Problème, les Français ne se sont pas appropriés ces dispositifs et la plupart ne savent pas comment procéder pour investir dans les entreprises.

Selon un sondage Odoxa paru samedi 2 janvier dans Le Parisien/Aujourd'hui en France, Alain Juppé est la seule personnalité politique dont la candidature est souhaitée par une majorité (56%) de Français.

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