Forex, options binaires : les publicités sur Internet bientôt interdites


Le médiateur de l'Autorité des marchés financiers a annoncé avoir obtenu l'accord du gouvernement pour interdire les publicités vantant l'investissement sur le Forex, le marché des changes non régulé, et les options binaires. Une bonne nouvelle pour les Français, confrontés à des risques majeurs sur ces sites internet.  

Les arnaques se multiplient sur le Forex

La guerre contre le Forex n’est pas gagnée mais l’Autorité des marchés (AMF) vient de remporter une bataille importante dans la lutte contre l’investissement sur le marché des changes non régulé. Le médiateur de l’AMF a indiqué mercredi 3 février 2016 qu’il venait « d’obtenir l’accord du gouvernement pour faire interdire la publicité sur Internet pour tout le Forex et les options binaires ». Invitée de l’émission Intégrale Placements sur BFM Business, Marielle Cohen-Branche s’est réjouie de la fin annoncée des publicités en ligne.

Observateur avisé des ravages provoqués par l’investissement sur le Forex, le médiateur de l’AMF avait fait de l’interdiction des annonces en ligne une de ses missions prioritaires. Le 5 mai 2015, lors de la présentation de son rapport annuel, le président de l’AMF Gérard Rameix avait ainsi qualifié le trading sur le Forex de « véritable fléau » et appelé les pouvoirs publics à interdire les publicités sur Internet pour les « produits les plus trompeurs et les plus risqués ».

Arnaques en série

Si le gendarme de la Bourse s’est saisi du cas du Forex et des options binaires (technique qui consiste à parier sur l’évolution d’un actif à la hausse/baisse) à bras le corps, c’est que les arnaques se sont multipliées ces dernières années. « Ceux qui viennent en médiation sont de plus en plus nombreux », a rappelé Marielle Cohen-Branche sur BFM Business. En trois ans, les cas avérés ont ainsi triplé sur les sites de Forex non autorisés par l’AMF.

Des sociétés peu scrupuleuses, agréées dans 85% des cas à Chypre, n’hésitent pas à utiliser des publicités mensongères promettant des gains improbables ou encore le phishing (ou hameçonnage) et le harcèlement pour soutirer plusieurs milliers d’euros à leurs victimes. Or, l’argent investi sur ces plateformes n’est jamais placé par les intermédiaires, d’où une perte à coup sûr. Malgré les plaintes déposées par l’Autorité des marchés financiers devant les tribunaux, les épargnants n’ont dès lors quasiment aucune chance de revoir leurs économies.

« Un mélange de harcèlement et de manipulation » selon Marielle Cohen-Branche qui dispose, à travers la fin des publicités sur Internet, d’un précieux atout pour enrayer la machine bien huilée des arnaques sur le Forex.

« Pas de plateforme sûre »

Et les sites non agréés par l’AMF ne sont pas les seules cibles du médiateur, qui pointe du doigt l’ensemble des acteurs du marché. « Il n’existe pas de plateforme sûre », avertit Marielle Cohen-Branche. Une étude du gendarme de la Bourse datée de 2014 montre en effet que le trading sur le Forex aboutit à une perte pour 89% des investisseurs ayant opéré sur une plateforme agréée par l’AMF. Et le préjudice subi n’est pas sans conséquence. Loin de là même puisque la perte moyenne dépasse les 10.000 euros…

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