IBO : offre de placement direct dans des obligations de PME-ETI


L'IBO est un moyen d'investir en direct dans des obligations d'entreprises à haut rendement. Ce placement s'effectue dans le cadre d'une offre de titres au public encadrée par l'Autorité des marchés financiers (AMF), donnant lieu à la cotation en Bourse de ces obligations. Explications.

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  1. Le principe
  2. Définition de l’IBO
  3. Modalités d’une IBO
  4. Quels investisseurs visés ?
  5. Placement direct obligataire
  6. Caractéristiques de l’investissement via une IBO
  7. Les émetteurs éligibles
  8. Intérêt de l’IBO pour l’investisseur
  9. Quels risques ?
  10. Fiscalité des obligations lors d’une IBO
  11. Éligibilité PEA / assurance-vie
  12. Marché secondaire et liquidité
  13. Liste des PME qui ont utilisé l’IBO
  14. IBO, les 5 points à retenir

 

IBO, le principe

L’IBO est aux obligations ce que l’IPO (introduction en bourse) est aux actions : un moyen pour une entreprise de proposer aux investisseurs des titres de créances permettant de financer leur développement et/ou d’allonger la maturité de leur endettement.
Au terme de la procédure de l’IBO, les obligations sont ensuite cotées sur la place de cotation prévue dans le prospectus, soit Alternext, soit Euronext.

 

Que signifie le terme IBO ?

Initial Bond Offering, ou offre d’obligations au public, par analogie avec l’expression IPO ou Initial Public Offering, qui est une offre d’actions dans le cadre d’une introduction en bourse. L’IBO a vu le jour en 2012, c’est une solution de financement pour les entreprises proposée par Euronext, l’opérateur de la Bourse de Paris.

 

Modalités d’une IBO

Dans le cadre d’une IBO, une société émettrice lance une souscription d’obligations à leur valeur nominale.
L’IBO comporte deux volets, à l’image de l’IPO :
– une offre au public en France réalisée sous la forme d’une offre à prix ferme (OPF) centralisée par Euronext, en direction des investisseurs individuels
– un placement global (PG) destiné aux investisseurs institutionnels.

 

Cette émission est accompagnée :
– d’un prospectus obligataire décrivant le métier, les informations financières récentes, les perspectives de la société émettrice, ainsi que les modalités de l’opération
– d’une campagne de publicité destinée à porter l’opération à la connaissance du public. L’investisseur intéressé passe ensuite des ordres à son intermédiaire (courtier en ligne, plate-forme de passage d’ordres en ligne de la banque, conseiller financier en agence).

 

Quels investisseurs peuvent participer à une IBO ?

Contrairement aux placements privés réservés aux investisseurs institutionnels et aux investisseurs dits qualifiés, l’IBO est ouverte à tout public :
– investisseurs institutionnels français et internationaux
– personnes physiques

Tous les particuliers n’ont cependant pas vocation à investir lors d’une IBO : elle se prête aux gros portefeuilles détenus par des investisseurs souhaitant générer des rendements supérieurs à l’assurance vie en euros, et/ou placer une partie de leur épargne dans une optique de diversification de leur portefeuille vers les PME-ETI, une classe d’actifs traditionnellement peu accessible pour les investisseurs individuels.

 

Obligations en direct

L’IBO permet d’investir directement dans des obligations d’entreprises aussi appelées obligations corporate sans intermédiaire du type société de gestion d’actifs ou établissement bancaire. L’IBO est donc une forme de désintermédiation du financement de l’économie (appel au marché vs financement bancaire classique).

 

Caractéristiques de l’investissement via une IBO

L’achat de titres dans le cadre d’une IBO revient ni plus ni moins à investir dans des obligations. Il s’agit d’investir dans des titres de créances – autrement dit de la dette- donnant lieu à intérêts à taux fixe.
En règle général, le fonctionnement est le suivant :
– remboursement des obligations à leur valeur nominale in fine (à l’échéance)
– rémunération versée sous la forme de coupons distribués tous les ans ou semestriellement, à date fixe (sauf jour férié).

Les obligations sont émises pour des maturés assez longues, avec des durées de placement de 5 à 10 ans.

 

Même si titres les titres sont cotés, la logique de l’investissement est plutôt de conserver les obligations jusqu’à leur remboursement au terme, après avoir encaissé des revenus réguliers. La date d’échéance est fixée par avance, dès le lancement de l’émission d’obligations.

Ces obligations peuvent être assimilées à des obligations classées dans la catégorie High Yield ou obligations à haut rendement, eu égard à leur niveau de rendement et à leur notation.

 

Des émetteurs hors CAC 40, parfois non cotés en Bourse

Les émetteurs d’obligations dans le cadre d’IBO sont des petites et moyennes entreprises (PME) ou des entreprises de taille intermédiaire (ETI) dont le profil de risque est plus élevé que les valeurs du CAC 40. D’où les rendements annuels élevés, de 6 à 9% avant impôts, de ces obligations. Les sociétés émettrices ne sont pas forcément des entreprises dont les actions sont cotées en bourse. L’IBO est ouverte aux PME-ETI non cotées, comme l’atteste l’IBO de Réalités, promoteur immobilier basé près de Nantes, lancée en juin 2013.

 

Intérêt de l’IBO pour l’investisseur

L’IBO présente trois avantages pour l’investisseur particulier :
– C’est un moyen d’accéder facilement aux obligations d’entreprises, une classe d’actifs habituellement réservée aux investisseurs institutionnels.
– C’est un outil de diversification d’un portefeuille de valeurs mobilières, à côté de placements en actions et d’OPCVM.
– C’est une façon d’améliorer les performances d’un portefeuille. Les obligations émises dans le cadre d’IBO procurent à leurs porteurs des rendements élevés, supérieurs à 5% brut.

 

IBO, quels risques pour l’investisseur ?

Investir dans des obligations de PME-ETI expose l’investisseur à des risques pouvant nuire à la rentabilité de son placement :

Risque de perte partielle ou totale du capital investi
Le capital investi dans le cadre d’une IBO n’est pas garanti. L’investisseur peut ainsi perdre tout ou partie de son investissement. Voir les cas ci-dessous.

Risques liés à la santé de l’entreprise émettrice

L’émetteur peut se trouver dans l’impossibilité de faire face à ses échéances de remboursement. Cette insolvabilité peut s’expliquer par une croissance non ou mal maîtrisée de l’endettement, une baisse de la rentabilité de l’activité voire des pertes. Dans ce cas, les termes de l’émission peuvent faire l’objet d’une modification défavorable au souscripteur (allongement de la maturité, absence de coupons ou capitalisation des intérêts) dans le cadre d’un vote majoritaire des porteurs réunis en assemblée générale. Dans le pire des cas, celui d’un dépôt de bilan, le souscripteur peut perdre la totalité de son capital investi.

Risques généraux liés au placement en obligations
Les obligations peuvent faire l’objet d’un non-remboursement ou d’un remboursement partiel en cas de difficultés financières d’un émetteur. Par ailleurs, le rendement d’une obligation à taux fixe, déterminé à l’avance, peut perdre de son intérêt en cas de remontée de l’inflation, puisque sa performance réelle est altérée par l’érosion monétaire. De même, en période de hausse des taux d’intérêt, la valeur des obligations diminue.

 

Ces facteurs de risques sont dans tous les cas rappelés dans le prospectus soumis au visa de l’AMF avant le lancement de l’émission.

 

Fiscalité des obligations lors d’une IBO

L’IBO ne change rien au régime fiscal des obligations souscrites à cette occasion. Les intérêts et les éventuelles plus-values sont soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu, en fonction de la tranche d’imposition du souscripteur.

 

Éligibilité PEA / assurance-vie

Les obligations souscrites dans le cadre d’une IBO ne sont pas éligibles aux enveloppes fiscales comme l’assurance vie ou le plan d’épargne en actions (PEA) qui permettent d’alléger l’imposition des revenus et plus-values sur valeurs mobilières. Toutefois, de nombreux intervenants sur la place financière de Paris plaident la cause de l’éligibilité des obligations de PME-ETI de moins d’un milliard d’euros de capitalisation boursière au futur PEA-PME.

 

Marché secondaire et liquidité

La spécificité de l’IBO est de donner lieu à un marché secondaire des obligations, après la période de souscription et jusqu’à la date d’échéance de l’émission. Autrement dit, les obligations sont négociables sur Euronext ou Alternext, donc « cotés en Bourse », pendant toute la durée du placement.

En raison du faible nombre d’IBO réalisées jusqu’à présent, il est difficile de mesurer la liquidité effective du marché des obligations de PME-ETI. Ainsi, le marché pourrait ne pas être liquide si le concept de l’IBO ne trouve pas son public ou si le montant levé lors de l’IBO atteint un volume nettement inférieur à celui initialement envisagé.

Ainsi, les investisseurs souhaitant revendre leurs obligations avant terme pourraient ne pas le pouvoir en l’absence d’acheteurs. Enfin, vendre avant l’échéance expose l’investisseur à une moins-value potentielle (prix de cession inférieur à la valeur nominale), puisque la vente s’effectue au prix du marché.

 

Les PME qui ont eu recours à l’IBO

2012 : Agrogénération, Capelli
2013 : Homair Vacances, Réalités

 

IBO, les 5 points à retenir

– Une offre d’obligations de PME-ETI en direct
– Un processus de souscription identique à celui d’une introduction en Bourse
– Un placement qui ne diffère en rien de tout placement obligataire
– Un placement long (5 à 10 ans) et rémunérateur (rendements de 5 à 10%) mais sans garantie du capital
– La possibilité de céder les obligations sur un marché secondaire avant terme