Introduction en Bourse : la société 2CRSI lève 43,7 M€ sur Euronext Paris

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2CRSI, constructeur de serveurs informatiques de très haute performance, a réussi son introduction en Bourse le 21 juin sur Euronext Paris. La levée de fonds de 43,7 M€ associée vise surtout à se donner la capacité de réaliser des opérations de croissance externe hors de France.

2crsi en bourse le 21 juin 2018

 

 

2CRSI : une IPO pour accompagner l'hypercroissance du chiffre d'affaires

2CRSI, concepteur de serveurs informatiques, a levé 43,7 millions d'euros à l'occasion de son introduction en bourse sur le marché réglementé d'Euronext Paris, dans le cadre d'une pure opération d'augmentation de capital. Le montant de la levée de fonds peut être porté à un maximum de 50,3 millions d'euros en cas d'exercice des rallonges (si exercice intégral de l'option de surallocation) dans l'hypothèse d'une forte demande. Le prix de l'action a été fixé dans le milieu de la fourchette indicative (de 7,50 à 10 euros par titre), soit 8,75 euros, faisant ressortir une capitalisaiton boursière d'environ 118 millions d'euros au prix de l'IPO.

Cette IPO (acronyme qui signifie introduction en bourse en anglais) vise à lever certains freins à la croissance, notamment dans l'obtention de marchés avec des organismes fédéraux aux Etats-Unis exigeant une cotation de l'entreprise, à renforcer la structure financière de 2CRSI (les capitaux propres sont inférieurs à la dette financière nette et ne présentent que 4% du total de bilan à 2017) et à se donner les moyens de croître à l'international, notamment par acquisitions.

2CRSI, PME basée à Strasbourg spécialisée dans les serveurs

2CRSI (prononcez too crazy en anglais), qui signifie Conseil Conception Recherche & Services Informatiques, est une PME strasbourgeoise créée en 2005 par deux frères, Michel et Alain Wilmouth dont ce dernier, autodidacte, est toujours PDG de la société. 2CRSI conçoit des serveurs informatiques de très haute performance, sur-mesure ou standard, destinés à des applications et des besoins métiers variés : stockage et transfert des données, cloud computing, big data, la CCTV, calcul haute performance, cloud gaming, intelligence artificielle pour des universités et instituts de recherche, des data centers, des industries stratégiques (exploration pétrolière et gazière, aéronautique, défense...) et plus récemment des acteurs de la blockchain.

L'entreprise surfe sur trois tendances qui dynamisent le marché des serveurs : l'OCP, nouveau standard introduit par Facebook en 2011 où la demande du client est reine, les architectures dites « hyper-convergentes » (serveurs de calcul, stockage des données et gestion de réseaux intégrés et gérés par un seul logiciel, réduisant l'intervention humaine) et la réduction de la consommation d'énergie.

C'est notamment dans cette optique d'amélioration de l'efficacité énergétique de ses solutions que 2CRSI a réalisé sa première opération de croissance externe il y a quelques semaines, en acquérant 80% du capital de Tranquil PC, société britannique spécialisée dans la conception de micro-clusters (data center portables) basée à Manchester. La société acquise début avril 2018 par emprunt de 2,4 million d'euros sur 7 ans, apporte à 2CRSI sa maîtrise du prototypage et de l'usinage de l'aluminium, matériau léger et efficace pour évacuer la chaleur des serveurs (dissipation thermique).

Un historique de croissance rentable

Depuis sa création en 2005, la société peut se prévaloir d'une croissance de chiffre d'affaires ininterrompue et d'être à l'équilibre financier ou rentable. En 2017, sur un marché mondial en croissance de 8,8% en valeur, la société a réalisé un chiffre d'affaires consolidé de 30,5 millions d'euros, en hausse de 169 % par rapport à 2016, tiré par un contrat majeur pour la conception et la livraison des serveurs de Shadow PC, l'offre de PC dématérialisé vendu par abonnement de Blade, start-up française et leader européen du cloud gaming (54% du CA 2017, 10% au premier trimestre 2018).

Au premier trimestre 2018, l'activité est encore plus dynamique, les revenus ayant plus que triplé (+232 %) par rapport au premier trimestre 2017, de 2,7 à 8,9 millions d'euros.

Côté résultats, le résultat brut d'exploitation (Ebitda) est passé de 6,7% à 7,3% du chiffre d'affaires entre 2016 et 2017 malgré les efforts tarifaires sur le contrat Blade qui ont tassé la marge brute à 18,2% du CA (30,1% en 2016). Entre 2016 et 2017, le résultat opérationnel a quintuplé, grimpant de 0,33 à 1,69 million d'euros et le résultat a plus que doublé, de 0,28 à 0,64 million d'euros.

Des perspectives de forte croissance du chiffre d'affaires et d'amélioration de la rentabilité

Sur sa lancée des exercices précédents et du début d'année 2018, le management de 2CRSI affiche son optimisme sur ses prévisions de chiffre d'affaires et de résultats financiers, se fondant sur sa capacité d'approvisionnement en composants, l'accompagnement de la croissance de Blade et lsans tenir compte d'éventuelles opérations de croissance externe significatives.

Pour 2018, la société prévoit un chiffre d'affaires d'au moins 75 millions d'euros (+146% minimum par rapport à 2017) pour une marge d'Ebitda de 8% minimum. A l'horizon 2020, 2CRSI vise un chiffre d'affaires consolidé d'environ 200 millions d'euros et un taux de marge d'Ebitda d'au moins 10%. Pour ce faire, les dirigeants anticipent de nouveaux succès commerciaux pour les produits OCP (OpenBlade) et multiserveurs livrés en baies complètes (Octopus), ils espèrent améliorer la marge brute grâce à un effet volume sur les achats et mieux couvrir les charges fixes.

Les ambitions de croissance externe du PDG Alain Wilmouth

20% des sommes récoltées lors de l'IPO seront consacrées au renforcement du département recherche et développement (recrutements, création d'un bureau de R&D dans la Silicon Valley) et à la structuration d'une offre de service (installation notamment) Une part similaire doit être dédiée à l'internationalisation du groupe (19% du CA 2016, 27% du CA 2017) par l'ouverture de bureaux à Singapour pour couvrir Asie, au Brésil où un site d'assemblage est envisagé pour éviter les surtaxes à l'importation et à Dubaï où une filiale est en cours de création pour rayonner dans le Moyen-Orient.

Mais l'essentiel des fonds levés (60%) a vocation à être consacré au financement de la croissance externe. « Nous n'avons pas de cible précise mais nous sommes en recherche permanente, depuis plusieurs années, expose Alain Wilmouth. Nous nous fixons des critères financiers stricts : ces sociétés doivent être rentables depuis plusieurs exercices, plus rentables que nous, et surtout être complémentaires ».

Par complémentarité, Alain Wilmouth pense au renforcement des compétences en R&D ou en recherche appliquée pour améliorer les procédés ou les produits, à l'ouverture de nouveaux débouchés commerciaux ou géographiques (implantation dans de nouvelles régions du monde) avec des forces de vente déjà en place ou à l'intégration de davantage de valeur ajoutée, à l'image de l'acquisition de Tranquil PC. Restera alors au management à (é)prouver sa capacité à digérer ces acquisitions, alors que la croissance du groupe s'est historiquement fondée sur la croissance interne.

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