ISR : l’épargne utile toujours méconnue des Français


L'investissement socialement responsable (ISR) reste méconnu par les deux tiers des épargnants français pourtant soucieux de placer efficacement leurs économies. Les acteurs de l'ISR plaident pour la création d'un label unique public pour ouvrir ce placement au plus grand nombre.      

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L’investissement socialement responsable (ISR) peine encore à convaincre les épargnants. L’ISR en France a représenté 169 milliards d’euros en 2013, contre 149 milliards d’euros en 2012. L’on pourrait croire à une augmentation notable mais celle-ci demeure à relativiser : l’encours n’a progressé que de 14% contre 29% en 2012.

Pour rappel, l’investissement socialement responsable constitue une forme de placement qui respecte les critères de l’ESG, à savoir l’environnement, le social et la gouvernance, en plus des critères financiers classiques. Plus généralement, l’ISR concilie épargne et application du développement durable.

 

>> Comment souscrire à un ISR en tant que particulier

 

Autre coup dur pour l’ISR : seuls 30% des encours sont détenus par des particuliers, contre 28% en 2012. Et pour cause, alors que la cinquième Semaine de l’ISR a été célébrée le 23 septembre 2014 à l’Assemblée nationale, les épargnants méconnaissent toujours ce type de placement responsable. Selon un sondage Ipsos diffusé le même jour, 63% des Français avouent n’avoir jamais entendu parler de l’ISR… soit le même nombre que l’année passée. Léger mieux toutefois, une fois les critères du fonds connus par les épargnants, 20% seraient prêts à y investir si on le leur proposait. Problème : seuls 3% des sondés se sont déjà vus proposer un fonds ISR par leur banque, contre 2% en 2012.

 

Créer un label unique, connu des épargnants

Et pourtant, plus de la moitié des épargnants reconnaissent leur sensibilité aux critères environnementaux, sociaux et éthiques dans leur décision de placement. Afin de pallier un tel manque d’information aux investisseurs, plusieurs acteurs de l’ISR dont le centre de recherche dépendant de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Novethic, ont signé en février dernier une déclaration commune en faveur de la création d’un label unique et public. A titre de comparaison, les huit signataires souhaitent créer une vitrine pour l’ISR aux yeux des épargnants au même titre que les labels « bio » ou encore « commerce équitable » affichés sur les produits. Les signataires le reconnaissent, « dans le domaine de l’épargne, les produits financiers sont souvent plus facilement identifiés aux dispositifs fiscaux qui les caractérisent (PEA, assurance vie …). Ils ne prennent pas assez en compte le type de projets ou d’entreprises qu’ils financent. L’épargne « responsable » est par conséquent difficile à identifier pour le grand public ». L’objectif affiché de cette déclaration commune est donc de « susciter la confiance des consommateurs avec un label reconnu par l’ensemble des acteurs et des pouvoirs publics ».

En attendant la mise en place d’un label identifiable par les épargnants, les acteurs de l’ISR bénéficient de quelques jours, à l’occasion de la Semaine de l’ISR 2014 qui se déroule partout en France du 29 septembre au 5 octobre, pour convaincre le plus grand nombre.

 

BNP Paribas épinglée

 

Mais comment être sûr que mon argent est bien investi dans un produit labélisé ? Il existe un label, Novethic, qui n’est octroyé qu’aux produits respectueux des critères ESG (environnementaux, sociaux et gouvernance). La liste des fonds labélisés est revue chaque année par Novethic qui n’hésite pas à retirer l’étiquette ISR en cas de manquement. Pour preuve, suite à l’amende record dont elle a écopé, BNP Paribas a perdu la gestion de fonds labélisés. « 20% des gestionnaires de fonds ont vendu l’ensemble des titres de BNP Paribas présents dans leurs fonds ISR », fait état Novethic sur son site. Les 80% restants surveillent les agissements de la banque ou ont réduit leurs investissements.

 

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