Japon : « il n’y a pas d’explication rationnelle à la chute des valeurs liées au nucléaire »


Gérant de fonds spécialiste des valeurs asiatiques chez Turgot Asset Management, Waldemar Brun-Theremin estime que le secteur industriel va fortement pâtir du tremblement de terre.

 

 

Waldemar Brun-Theremin, gérant de fonds chez Turgot Asset Management, spécialiste des valeurs asiatiques

Une catastrophe naturelle au Japon et les bourses mondiales vacillent. Comment expliquez-vous cette interaction ?
Les investisseurs craignent que les institutionnels japonais, comme les banques et les assurances, aient besoin de rapatrier des actifs de l’étranger. Il faut savoir que le Japon est l’un des plus gros détenteurs de bons du trésor américain. Au total, les japonais possèdent 2 250 milliards de dollars de dette étrangère. Ils pourraient vendre pour obtenir des liquidités afin de financer la reconstruction.

 

En Europe, des secteurs sont aussi touchés en Bourse. C’est le cas de l’automobile par exemple, Renault en tête.
Le pays connaît une rupture dans les chaînes d’approvisionnement. Le Japon fabrique des composants pour les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique et de la chimie entre autres. Ces produits sont ensuite assemblés dans d’autres pays. Les usines japonaises n’ont pas forcément été touchées par le tremblement de terre car la zone du séisme était peu industrialisée. Néanmoins, elles subissent en ce moment des coupures de courant. De plus, les japonais avaient rationnalisé leur production avec la crise. Ils sont désormais en flux tendu. Cela a fait progresser leur rentabilité mais les dessert désormais.

Et sur le nucléaire. Les explosions dans les centrales suite au tsunami font chuter les valeurs liées au secteur. En France Areva a presque perdu 20% en deux jours. L’investisseur doit-il fuir ce secteur ?
Au-delà des considérations politiques et philosophiques, il n’y a pas d’explication rationnelle à la chute des valeurs liées au nucléaire. Les fondamentaux du secteur restent bon, l’impact est plus psychologique. Le cours de l’uranium est passé de 45 dollars la livre en août 2010 à 73 dollars en février 2011 car la Chine constitue des stocks. Depuis le tremblement de terre, il est redescendu à 63 dollars.

Le titre LVMH a perdu 3,09% à la Bourse de Paris le lundi 14 mars. La situation est-elle analogue pour le secteur du luxe ?
Les japonais sont des grands consommateurs de produits de luxe. Evidemment en ce moment, ils n’ont pas la tête à ça.

A l’inverse, certains secteurs peuvent-ils bénéficier de cette crise ?
Il est un peu tôt pour le savoir. Le secteur de la construction va en bénéficier, mais surtout les entreprises locales. Le solaire peut aussi tirer son épingle du jeu, face au rejet du nucléaire.

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