Japon : « Toute la consommation de bien-être va passer au second plan »


Le conseiller en gestion de patrimoine indépendant Christophe Descamps estime que le secteur du nucléaire va être affecté par le tremblement de terre japonais.

christophe, descamps, cgp, gestion, patrimoine

Cristophe Descamps, conseiller en gestion de patrimoine

Le séisme au Japon fait trembler les bourses mondiales. Quelles peuvent-être les conséquences de cette catastrophe pour la finance internationale ?

Le tremblement de terre est une catastrophe qui vient se rajouter aux autres inquiétudes des marchés en ce moment. Je pense notamment à la crise de la dette en Europe et aux révolutions dans les pays arabes. Aujourd’hui, nous ne connaissons pas l’ampleur des dégâts au Japon. La catastrophe va avoir un coût gigantesque pour les compagnies de réassurance. Ensuite, le pays va-t-il pouvoir financer seul sa reconstruction. S’il emprunte sur les marchés financiers, cela aura des conséquences sur les taux et sur l’accès au financement des pays européens.

Quelles entreprises seront le plus pénalisées par cette catastrophe ?
Les conséquences sur la consommation des Japonais sont évidentes. Toute la consommation de bien-être va passer au second plan. Les valeurs liées au luxe seront donc pénalisées. Les usines subissent aussi un effet domino : même si elles n’ont pas été touchées par le tremblement de terre, elles s’arrêtent ou ralentissent leur production faute d’approvisionnement ou de débouchés.

Et pour le nucléaire ?
Le nucléaire est la plus grande incertitude du moment. Pour l’instant, nous ne connaissons pas l’ampleur de la catastrophe. Ce n’est pas comme une vague : une fois passée, la reconstruction peut commencer. Ici, il faut d’abord maîtriser la situation. Dans le cas d’un scénario catastrophe, il faudra évacuer plusieurs millions de personnes et les zones seront inhabitables durant des décennies. Cela s’apparentera à la situation de Tchernobyl. Sauf qu’en Ukraine, la densité de population était moindre. Surtout, les partisans du nucléaire pouvaient toujours pointer du doigt la vétusté et les méthodes soviétiques. Ici, nous parlons du Japon, pays réputé pour la modernité et la sécurité de ses installations. Cette catastrophe va affecter l’ensemble du secteur du nucléaire dans le monde.

Certains secteurs, comme les énergies renouvelables peuvent donc bénéficier de ce rejet ?
Tout dépendra de l’évolution des politiques sur la question du nucléaire. L’intérêt pour le secteur du photovoltaïque va probablement grandir. Mais il s’agit d’une situation à long terme. Si demain les gouvernements décidaient d’arrêter le nucléaire, cela prendrait 20 à 30 ans pour stopper les centrales et trouver une énergie alternative.

Je suis un boursicoteur, je vois la valeur de mes actions chuter. Que dois-je faire ?
Face à un accident, il ne faut pas paniquer. Ce n’est pas le meilleur moment pour vendre. Après, il faudra se poser la question suivant : l’investisseur doit-il revenir sur le japon ?