Kerlink en Bourse pour exploiter le potentiel des objets connectés


Le spécialiste des solutions réseaux pour l'Internet des objets (IoT) réalise une augmentation de capital à l'occasion de son introduction en Bourse sur Alternext. Kerlink espère lever entre 8,99 millions et 14,54 millions d'euros pour financer ses dépenses de recherche et développement et son déploiement à l'international.

La PME bretonne s'introduit sur Alternext Paris pour financer son déploiement à l'international

Les objets connectés se multiplient et leur nombre devrait s’envoler dans les années à venir. A l’horizon 2020, Ericsson estime qu’ils pourraient être plus de 15 milliards dans son « Mobility Report » de novembre 2015. Plus optimiste encore, la société d’analyse IDC avance le chiffre de 212 milliards d’appareils connectés au même horizon ! L’entreprise Kerlink compte bien profiter de cette tendance lourde pour doper son activité, notamment à l’international où elle a déjà réalisé 20% de ses revenus l’an passé.

Fournisseur d’équipements d’interconnexion des matériels à distance, la PME bretonne souhaite s’introduire en Bourse sur le marché Alternext et procéder dans le même temps à une augmentation de capital. Entre 8,99 millions et un maximum de 14,54 millions d’euros pourraient être levés, en cas de forte demande pour les actions nouvelles émises. La capitalisation boursière de Kerlink devrait avoisiner les 40 millions d’euros, sur la base de 11,60 euros par action, soit le milieu de la fourchette de prix proposée et près de 3 fois le chiffre d’affaires attendu cette année. L’opération vise essentiellement à restaurer la capacité de financement, entamée par trois années de pertes consécutives.

Chiffre d’affaires attendu en forte progression

Les fonds doivent servir « aux deux tiers pour la R&D [Recherche et développement, NDLR] et pour un tiers au développement à l’international », détaille le cofondateur de Kerlink, William Gouesbert, ingénieur en informatique et en télécommunications de formation. Depuis sa création en 2004, la société a levé 4,7 millions d’euros pour financer ses investissements, essentiellement en R&D, dont 2,55 millions en obligations remboursables en actions (ORA), souscrites par des investisseurs historiques qui seront remboursées lors de l’augmentation de capital. « Ils ont donc accepté de souscrire sans connaître le prix de l’action », souligne William Gouesbert, qui y voit là un gage de confiance dans l’entreprise. 

Les sommes allouées à la recherche devraient s’accroître et même doubler d’ici 2018. « Nous voulons proposer des produits et des technologies toujours en avance par rapport à ce qui peut se faire sur le marché », explique le cofondateur de Kerlink.

Les investissements en R&D représentaient 30% du chiffre d’affaires en 2015. Cette part est amenée à baisser dans les années à venir, du fait d’une forte croissance attendue des revenus, déjà en augmentation de 40% lors des deux derniers exercices. L’analyste financier Gilbert Ferrand, associé de la banque d’affaires Midcap Partners en charge de l’IPO, anticipe une progression annuelle moyenne de 60% du chiffre d’affaires sur les trois prochains exercices, à 33,55 millions d’euros en 2018, contre 7,43 millions en 2015. Soit un quadruplement des revenus.

 

Un portefeuille de clients déjà conséquent

Aujourd’hui, l’entreprise mise notamment sur la technologie LoRa, permettant de géolocaliser des objets. Si elle s’occupe de la conception et de la commercialisation des produits, elle laisse leur fabrication à des sous-traitants. Ceux auxquels elle a recours pour le moment sont tous français, mais avec le développement à l’international, la société envisage de faire appel à des fournisseurs étrangers.

Kerlink dispose déjà d’un portefeuille de 120 clients, dont des opérateurs de télécommunications, comme Orange et Bouygues, et de grandes entreprises gestionnaires de services collectifs telles que GRDF, Suez, Saur, ou encore la SNCF. Le groupe se positionne à la fois sur le marché des communications machine-to-machine (M2M), qui représentait 25% de son chiffre d’affaires en 2015, et sur l’Internet des objets (Internet of Things ou IoT) qui permet de relier des équipements fixes, comme des compteurs d’énergie, ou mobiles, tels des wagons ou des bus, aux systèmes d’informations des entreprises.

Une entreprise pas encore bénéficiaire

Kerlink a en outre ouvert une filiale à Singapour en 2015, « pour accompagner les clients locaux et faciliter l’accès au marché Asie-Pacifique ». Et une nouvelle filiale doit voir le jour en Amérique du Nord courant 2016, l’objectif étant de s’imposer comme un des équipementiers de référence dans le monde pour la fourniture et la gestion d’infrastructures des réseaux de l’Internet des objets.

Seul bémol, l’entreprise n’est pas parvenue à dégager des bénéfices ces dernières années. Liée notamment au poids de la sous-traitance et au financement de la recherche, sa perte nette s’est élevée à 920.000 euros en 2015. Le franchissement du seuil de rentabilité est attendu en 2017. L’analyste Gilbert Ferrand prévoit que Kerlink atteindra « une taille critique suffisante à l’horizon 2018, date à partir de laquelle le groupe deviendra très honorablement rentable ».

Kerlink : modalités de l’introduction en Bourse

Marché de cotation
Alternext Paris

Codes de l’action
Mnémonique : ALKLK
Code ISIN : FR0013156007

Fourchette de prix indicative
10,43 – 12,75 euros par action (prix médian : 11,60 euros)

Nature de l’opération
Augmentation de capital (10M€ en milieu de fourchette)

Nombre de titres émis
Entre 862.069 et un maximum de 1.140.087 actions ordinaires nouvelles à émettre

Eligibilité des titres
PEA et PEA-PME

Calendrier de l’IPO
Lundi 2 mai 2016 : visa de l’AMF sur le prospectus
Mardi 3 mai 2016 : ouverture de l’offre
Mercredi 18 mai 2016 : clôture de l’offre pour les particuliers à 18 heures (guichets de banque) ou 20 heures (achats par Internet)
Jeudi 19 mai 2016 : résultat de l’offre, exercice éventuel de la clause d’extension
Lundi 23 mai 2016 : règlement-livraison des actions
Mardi 24 mai 2016 : début des négociations
Vendredi 17 juin 2016 : date limite d’exercice de l’option de surallocation

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