L’actionnariat salarié quasiment absent dans les petites entreprises


La plupart des chefs de petites et moyennes entreprises françaises ont mis en place un dispositif de partage du profit. Toutefois, l'actionnariat salarié ne concerne que 4% des PME installées dans l'Hexagone. Un échec relatif lié notamment à la complexité de l'opération.  

Peu de Français travaillant dans des PME non cotées sont actionnaires de leur entreprise

L’actionnariat salarié, oui… mais pour les autres. Alors que 80% des chefs de PME non cotées interrogés dans le cadre d’une étude OpinionWay* pour les sociétés Eres et BDO publiée le 10 avril 2016 voient dans l’actionnariat salarié « une bonne chose », seules 4% des entreprises sondées ont ouvert leur capital à leurs salariés.

Dans les 250 entreprises de moins de 50 salariés qui ont répondu au sondage et les 450 PME qui dépassent ce seuil, 64% des patrons affirment avoir mis en place au moins un dispositif d’épargne salariale. Sans surprise, les primes (41%) s’avèrent être le mécanisme le plus fréquemment cité, devant la participation (26%), l’ouverture d’un plan d’épargne entreprise (PEE) à 23%, l’intéressement (22%) et enfin le plan d’épargne retraite collectif (Perco), présent dans 11% des PME de l’échantillon. L’actionnariat arrive ainsi bon dernier, n’étant activé que dans une entreprise sur 25.

Ce constat s’explique par plusieurs facteurs bien distincts. Près d’un chef de PME non cotée sur quatre (24%) qui ne propose pas d’actionnariat salarié l’explique par les problèmes de confidentialité engendrés par l’ouverture du capital à ses salariés. « Il faut parler de la valeur de l’entreprise », avance le directeur général d’Eres Olivier de Fontenay. La peur de la dilution du pouvoir au sein de l’entreprise est également citée par 23% des sondés, tout comme la crainte que le partage du capital ne provoque des problèmes lors de la transmission de l’entreprise. Sans surprise, la complexité de l’opération est citée par 22% des patrons interrogés, devant le coût social et fiscal (21%).

Fiscalité allégée par la loi Macron

La loi Macron votée en 2015 prévoit à ce titre plusieurs mesures en faveur du développement de l’épargne salariale, et plus particulièrement de l’actionnariat salarié, avec un assouplissement de la fiscalité sur les actions gratuites. « Avant la loi Macron, il ne pouvait y avoir moins de 64% de charges sociales sur la cession des titres. Aujourd’hui, ce taux est passé à 24% », cite en exemple Rolland Nino. Le directeur général de BDO France, comme Olivier de Fontenay, espère que ces nouveautés feront décoller l’actionnariat salarié dans les prochaines années. Un chef d’entreprise sur 20 interrogé dans le cadre de l’étude envisage sérieusement de mettre en place ce mécanisme dans les trois prochaines années. Si ces belles intentions se concrétisent, l’actionnariat salarié doublerait donc dans les PME non cotées en France mais resterait encore bien loin du succès rencontré aux Etats-Unis. Outre Atlantique, plus d’un tiers des salariés de sociétés cotées comme non cotées en sont actionnaires.

*Réalisée auprès de 700 entreprises françaises non cotées en Bourse, avec des effectifs compris entre 20 et 1.000 salariés.

Sur l’actionnariat salarié
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