L’assurance vie reprend des couleurs en septembre 2013


La rentrée a été bonne pour l‘assurance vie. Le montant des cotisations (versements, successions) sur les contrats ont été supérieurs en septembre 2013 de 1,3 milliard d’euros aux prestations (rachats partiels et totaux, décès), selon les données de l’Association française de l’assurance (AFA) publiées le 24 octobre 2013. A titre de comparaison, la collecte nette s’était élevée à seulement 0,1 milliard un mois plus tôt.

Depuis le début de l’année, la collecte est positive de 11,2 milliards d’euros. Dans le détail, les prestations ont augmenté moins vite que les cotisations. Les épargnants ont versé en septembre 1,9 milliard de plus sur leurs contrats comparé à août, alors qu’ils retiraient dans le même temps seulement 0,7 milliard de plus. Au final, les cotisations ont atteint 9 milliards d’euros, contre 7,7 milliards d’euros pour les prestations. L’assurance vie a, il est vrai, bénéficié de la conjugaison de deux phénomènes : la paralysie du marché immobilier et la désaffection des Français pour l’épargne réglementée.

La collecte nette cumulée du Livret A et du Livret de développement durable (LDD) a baissé en septembre de 2,08 milliards d’euros par rapport à août pour atteindre 20,98 milliards d’euros, d’après les chiffres communiqués le 22 octobre 2013 par la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Parallèlement, l’immobilier, le premier concurrent de l’assurance vie, montre des signes d’essoufflement. Selon le Crédit Foncier, le nombre de transactions immobilières (ancien, neuf, appartement, maison) devrait afficher un recul de 9,3% en 2013, à 849.000 cessions. Convaincus que les prix vont baisser, les acheteurs préfèrent reporter leur projet d’acquisition. Certains vendeurs retirent leur bien de la vente en attendant d’y voir plus clair sur les changements de fiscalité. Bref, un marché de la pierre bloqué qui fait le miel de l’assurance vie.

Pour autant, l’embellie du placement préféré des Français pourrait être de courte durée. Adoptée le 23 octobre dans le cadre de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2014 à l’Assemblée nationale, l’application du taux actuel des prélèvements sociaux de 15,5% aux gains des contrats d’assurance vie multisupports, au lieu du taux en vigueur au moment où la plus-value a été réalisée, ne constitue pas un bon signal pour les épargnants. Le rendement net des « vieux contrats », la plupart du temps déjà défavorisés par les compagnies qui préfèrent booster le taux des nouveaux contrats, va s’en trouver réduit. Le risque est que les Français finissent par garder leur argent sur leur compte.

 

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