L’épargne salariale au secours du pouvoir d’achat


Dans son intervention télévisée, François Hollande a annoncé au moins une disposition de soutien au pouvoir d'achats des Français. Les participations des salariés seront débloquées pendant six mois.

hollande, épargne, placement

Tous les moyens sont bons pour donner un « coup de pouce » au pouvoir d’achat des Français et relancer la consommation, y compris les méthodes de ses prédécesseurs. Invité par David Pujadas sur le plateau de France 2, François Hollande a ainsi repris une mesure que Nicolas Sarkozy avait déjà utilisée à plusieurs reprises : le déblocage de l’épargne salariale.
« La participation est bloquée cinq ans », a rappelé le chef de l’Etat. « Je propose que pour tous ceux qui ont l’usage de ces accords de participation – quatre millions de Français -, qu’elle puisse être débloquée immédiatement, sans pénalité fiscale », a-t-il annoncé.
Cette mesure s’adresse aux salariés qui ont pris des participations aux bénéfices de leur entreprise. Pendant six mois, ils pourront utiliser librement cette épargne, dans une limite de 20.000 euros. « Tous ceux qui ont un accord de participation, qui veulent – jusqu’à 20.000 euros – l’utiliser pour quelque achat que ce soit (…), pour acheter un bien » ou encore « participer à un apport pour le logement, ils pourront le faire », a précisé le président de la République.

Recul historique du pouvoir d’achats des Français

Ce « coup de pouce » temporaire au pouvoir d’achat apparaît comme une mesure à court terme. Surtout, elle ne garantit pas une augmentation de la consommation des ménages, sachant que rien n’interdit aux épargnants de placer les montants débloqués sur un autre type d’épargne. La disposition semble assez modeste au regard de le recul de 0,4% du pouvoir d’achat des ménages sur l’année, enregistré cette semaine par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Il s’agit du « premier recul depuis 1984 (- 1,1 %) », précise l’Insee, qui explique cette dégradation par les fortes hausses d’impôts de 2011 (+6,6%) et 2012 (+10%).
La mesure ne plaira sans doute pas à l’AFG (Association française de la gestion financière). Alors que le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA) avait proposé un tel déblocage de la participation salariale en vue de l’achat de véhicules non polluants, l’AFG l’avait ainsi qualifié de « fausse bonne idée, court termiste, inefficace et dangereuse pour les salariés et le financement de l’économie ». « Il faut espérer [qu’elle ne] pas retenue par les Pouvoirs Publics », insistait-elle. Manifestement leur voix n’a pas porté jusqu’à l’Elysée.