La Française de l’Energie en Bourse pour produire du gaz moins polluant

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La PME lorraine espère lever 50 millions d'euros minimum sur Euronext Paris, à l'occasion de son introduction en Bourse. De l'argent frais pour financer la production de son gaz issu des anciens bassins houillers français et le commercialiser localement.

La Française de l'Energie s'introduit à la Bourse de Paris


« Notre production sera locale pour une consommation locale ». Le président de la Française de l'Energie, Julien Moulin, ne manque pas d'insister sur la particularité régionale de son projet. Avec sa PME basée à Forbach, en Lorraine, il compte revitaliser les anciens bassins miniers, situés notamment au nord et à l'est de la France, pour produire du gaz de charbon, plus connu sous le nom de « grisou ».

L'objectif est de commercialiser le produit dans le pays, pour répondre à des besoins régionaux et nationaux, et de réduire ainsi considérablement le nombre de kilomètres parcourus en comparaison avec le gaz importé de Russie et de Norvège. Les sites de production se trouvent à cinq kilomètres maximum du réseau de gaz existant, précise l'entreprise.

Pas de fracturation hydraulique

Outre les économies de transport liées à la mise en place de circuits courts dans la production et la commercialisation du gaz, Julien Moulin met en avant un autre argument environnemental. L'extraction du gaz de charbon et de mine ne nécessite pas de fracturation hydraulique, à l'inverse du gaz de schiste. Donc aucun produit chimique n'est injecté dans les sous-sols pour créer des fissures artificielles. Le gaz naturellement présent se récupère directement dans les galeries minières existantes ou est extrait des charbons vierges situées entre 700 et 1.500 mètres de profondeur. Il est alors collecté par pompage de l'eau dans les veines (couches) de houilles présentes sous la terre.

L'empreinte carbone est ainsi dix fois inférieure à la moyenne des gaz actuellement importés en France, assure Française de l'Energie. De quoi rassurer les acteurs locaux et les instances politiques, qui soutiennent les projets de la PME, selon Julien Moulin.

77 millions d'euros d'investissements industriels

Pour financer l'extraction et la commercialisation de ce gaz naturel, Française de l'Energie recourt à une augmentation de capital dans le cadre de son introduction en Bourse. La PME espère lever entre 50 et 66 millions d'euros en cas de forte demande pour les nouvelles actions, sur la base du prix minimum des titres émis, soit 27 euros l'action. Cet argent frais servira notamment au financement de l'acquisition de Gazonor, qui possède trois sites d'extraction de gaz dans le Nord-Pas-de-Calais, pour un prix estimé à 20 millions d'euros. La finalisation de cette opération de croissance externe est prévue en juin 2016.

Cette levée de fonds permettra également de financer le déploiement de nouvelles capacités de production et l'installation de nouveaux puits pour récupérer le gaz dans les sous-sols, notamment huit en Lorraine où le démarrage de la première plateforme est prévu en juin 2017. Le reste des sommes récoltées sera alloué au développement de l'activité au cours des années suivantes. Quatre nouveaux puits sont notamment envisagés en Lorraine en 2018 et Française de l'Energie souhaite produire de l'électricité à partir du gaz extrait dans le Nord-Pas-de-Calais mais aussi en Belgique. En dehors de l'acquisition de Gazonor, le programme industriel de l'entreprise prévoit 77 millions d'euros d'investissements d'ici juin 2019.

Pour compléter sa structuration financière en plus des fonds tirés de l'introduction en Bourse, la PME a déjà signé le 22 mai 2016 un accord avec RGreen, une société de gestion spécialisée dans le secteur des énergies renouvelables, pour un prêt de 60 millions d'euros, sous la forme d'obligations à taux fixe (8% par an). Le contrat prévoit le versement d'une première tranche de 20 millions avant le 31 août.

Six fois la consommation annuelle française

La Française de l'Energie estime à six années de consommation nationale minimum les réserves de gaz qu'elle détient. Les permis qu'elle a obtenus pour explorer et exploiter les sous-sols constituent des barrières à l'entrée sur ce marché pour d'éventuels concurrents. L'objectif à long terme de l'entreprise est de parvenir à produire 5% de la consommation française de gaz. Les tarifs de rachat de la production de Gazonor sont déjà garantis par l'Etat français sur une durée de 15 ans.

Pour le moment, la PME n'a pas généré de chiffre d'affaires. Elle mise sur son acquisition dans le Nord-Pas-de-Calais pour engranger ses premiers revenus. Les actionnaires existants, des investisseurs issus pour la plupart du secteur de l'énergie, se sont engagés à souscrire environ 9 millions d'euros de l'augmentation de capital et le Crédit Mutuel Nord Europe 5 millions.

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Marché de cotation
Euronext Paris – Compartiment B

Codes de l'action
Mnémonique : LFDE
Code ISIN : FR0013030152

Fourchette de prix indicative
27 – 35,50 euros par action (prix médian : 31,25 euros)

Nature de l'opération
Augmentation de capital (57,87 M€ en milieu de fourchette)

Nombre de titres émis
Entre 1.851.851 et un maximum de 2.449.072 actions ordinaires nouvelles à émettre

Eligibilité des titres
PEA, PEA-PME et FCPI

Calendrier de l'IPO
Lundi 23 mai 2016 : visa de l'AMF sur le prospectus
Mardi 24 mai 2016 : ouverture de l'offre
Lundi 6 juin 2016 : clôture de l'offre pour les particuliers à 17 heures (guichets de banque) ou 20 heures (achats par Internet)
Mardi 7 juin 2016 : résultat de l'offre, exercice éventuel de la clause d'extension
Mercredi 8 juin 2016 : début des négociations
Jeudi 9 juin 2016 : règlement-livraison des actions
Jeudi 7 juillet 2016 : date limite d'exercice de l'option de surallocation

 

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