« La taille du financement participatif va plus que doubler en France en 2013 »


INTERVIEW- Le gouvernement a présenté mercredi 3 septembre 2013 plusieurs mesures visant à favoriser l'essor du crowdfunding en France. François Carbone, président de l'association Financement Participatif France*, revient sur ces dispositions à même de libéraliser le secteur.

financement, participatif, crowdfunding, don, prets, investissement

 

Toutsurlesplacements.com : Pierre Moscovici vient d’annoncer un assouplissement de la réglementation relative au financement participatif en France. Quels vont en être les effets ?

François Carbone, président de l’association Financement Participatif France : Les annonces du gouvernement correspondent à ce qui était prévu lors de nos discussions avec Fleur Pellerin, ministre chargée des Petites et moyennes entreprises, de l’Innovation et de l’Economie numérique. Ces mesures concernent les trois grandes branches du financement participatif : le don contre don, le prêt et l’investissement au capital d’entreprises.

Pour le don contre don, nous étions jusqu’ici dans une sorte de zone blanche car il n’y avait pas de contraintes réglementaires. Pour les plateformes de prêt, il est prévu d’étendre les dérogations au monopole bancaire : auparavant, vous pouviez faire du prêt non rémunéré. Désormais, il sera possible pour les particuliers de prêter de l’argent via une plateforme pour financer un projet en échange d’une rémunération. Tout cela dans une limite annuelle de financement par prêteur. Le dernier montant évoqué à ce sujet est de 2.000 euros. Cette décision va indéniablement aider à libéraliser le secteur du prêt participatif.

 

La création d’un statut de conseil en investissement participatif est également évoquée. En quoi cette mesure est-elle nécessaire ?

L’investissement au capital d’entreprises est le secteur sur lequel il y a le plus de contraintes. L’Autorité des marchés financiers reconnaît l’utilité de l’activité mais celle-ci est régie par de multiples obligations, notamment liées à l’offre de titres au public et la rédaction du prospectus préalable à cette offre. Jusqu’ici, les acteurs du marché devaient faire le contorsionniste pour agir dans les règles.

Pour les entreprises qui cherchent à lever moins de 300.000 euros de fonds, l’assouplissement des règles aidant, il va devenir moins coûteux de s’adresser aux investisseurs. La création d’un statut propre de conseiller en investissement participatif va également permettre à de nouveaux acteurs de se lancer sur ce secteur.

 

Toutes ces mesures doivent « booster » le crowdfunding en France. Quels sont vos objectifs de financement ?

En 2012, plus de 25 millions d’euros ont été collectés par le biais des plateformes de financement participatif. Pour 2013, sur la base des retours sur le premier semestre, nous estimons que la taille du crowdfunding en France va plus que doubler. L’exemple du site de prêt rémunéré Friendsclear, qui vient de fermer, est assez représentatif de la situation. Les contraintes liées à leur obligation de fonctionner avec un partenaire bancaire a énormément ralenti cet acteur. La plateforme a en quelque sorte essuyé les plâtres. Avec la réglementation en vigueur à compter du 1er octobre, son développement serait bien plus pérenne.

 

*François Carbone est également cofondateur et président de la plateforme de financement participatif de PME innovantes Anaxago

 

Propos recueilli par Thibault Lamy

 

Sur le financement participatif
Quand l’internaute remplace le banquier