« Le conseiller en gestion de patrimoine au cœur de la dépendance »


INTERVIEW La convention Patrimonia se tient à Lyon les 25 et 26 septembre 2014. Le directeur des partenariats du salon Jean-Marc Bourmault en présente les thèmes principaux, comme la fiscalité ou la dépendance, qui doit devenir une priorité pour les professionnels du patrimoine.

Jean-Marc Bourmault, directeur des partenariats du salon Patrimonia

Toutsurmesfinances.com : L’édition 2014 du salon Patrimonia accorde une grande place au rôle des professionnels du patrimoine dans le financement de la dépendance. Pourquoi ?
Jean-Marc Bourmault, directeur des partenariats du salon Patrimonia : La convention Patrimonia met en effet l’accent sur la Silver Economie et la dépendance, problématique qui va faire l’objet d’une conférence plénière. Nous considérons que, vu l’arrivée à un certain âge de la génération du « Baby-boom », la dépendance représente un véritable enjeu de société. Cela va imposer des aménagements, tant sur le plan personnel que patrimonial. Or, le CGP (conseiller en gestion de patrimoine, NDLR), qui est au cœur de ces préoccupations, doit intégrer ces éléments dans son conseil. L’étude réalisée par Morningstar auprès de plus de 400 CGP, dont les résultats seront publiés lors du salon, montre d’ailleurs que 34% d’entre eux disent avoir pris à leur compte cette réflexion.

En quoi le rôle du conseiller en gestion de patrimoine doit-il évoluer ?
L’objectif du salon est avant tout de sensibiliser les professionnels du patrimoine au sujet de la dépendance. Certes les pouvoirs publics se sont intéressés au sujet, avec notamment les discussions qui ont lieu actuellement sur le projet de loi sur l’adaptation de la société au vieillissement, mais il est certain que le privé va prendre le relais de l’Etat providence. En atteste le gel des revalorisations des retraites de base cette année qui est une première étape.

Le CGP comme le banquier privé doivent intégrer cette dimension liée au financement de la dépendance dans leur conseil. Les conseillers en gestion de patrimoine, qui sont plus en réalité des ingénieurs patrimoniaux, vont donc être appelés à innover et trouver de nouvelles solutions à la baisse des retraites et au financement de la dépendance.

« Les investisseurs sont plus nombreux à accepter le risque»

Quelles sont les options privilégiées par les investisseurs pour financer le risque de dépendance ?
L’assurance vie est un recours, non pas ultime, mais important pour avoir une épargne la moins fiscalisée possible. Elle est largement plébiscitée pour financer ce risque, que ce soit par les investisseurs ou les CGP. Cette enveloppe fiscale est également un outil de transmission du patrimoine, un produit utile avec la possibilité de rachats ou d’avances sur les contrats.

Seul bémol, les rendements sur les fonds euros baissent. Il va peut-être falloir inciter les épargnants à revenir vers des classes d’actifs plus performantes, donc plus risquées. Le sondage Morningstar/Patrimonia montre d’ailleurs que les investisseurs sont plus nombreux à accepter le risque. Et à raison car il n’y a jamais de rendement sans risque. Le recul des livrets dans les placements des épargnants ne peut à ce titre que nous satisfaire.

La fiscalité sera-t-elle une nouvelle fois au cœur des réflexions ?
Nous allons évidemment traiter ce sujet qui est presque récurrent, l’impôt étant un élément de réflexion quasi-quotidienne pour un conseiller en gestion de patrimoine. C’est un véritable enjeu dans le monde du conseil et un des principaux moteurs des stratégies patrimoniales : il faut constamment être à la recherche d’optimiser la fiscalité. Les CGP sont donc obligés d’être parfaitement au fait de l’évolution, d’être au cœur de l’information au niveau de la fiscalité.
Plus généralement, la conférence plénière consacrée à la fiscalité demandera si l’impôt n’est pas un frein au développement de notre économie.

Quels seront les autres sujets abordés dans le cadre du salon ?
La conférence d’ouverture portera notamment sur le Bitcoin et sur l’impact de cette monnaie virtuelle sur l’économie. Les professionnels du patrimoine, s’ils n’ont pas vocation à conseiller cet actif, ne peuvent pas être absents sur ce sujet. Certains de leurs clients ont un portefeuille de Bitcoins. Les CGP doivent donc parfaitement être au courant des risques, bons comme mauvais, inhérents à cette monnaie non régulée. Patrimonia est donc l’occasion de faire preuve de pédagogie.


Propos recueillis par Thibault Lamy