Le cours du Bitcoin s’effondre après la fermeture de MtGox


La plateforme d'échanges de Bitcoins MtGox a été fermée, suspendant la cotation de la devise numérique sur son site internet. Les détenteurs de la devise virtuelle se retrouvent dans l'incapacité de retirer leurs avoirs.

pièces de bitcoin

Les craintes de ces dernières semaines sur le Bitcoin se confirment. Dernier rebondissement en date : le site internet d’une des principales plateformes d’échanges de la monnaie virtuelle MtGox a disparu, les internautes se trouvant face à une page blanche. Et ce sans aucune explication de la part du site, laissant les investisseurs en proie au désarroi. En conséquence, le Bitcoin n’est plus côté sur MtGox jusqu’à nouvel ordre. Par ailleurs, le directeur de MtGox, Mark Karpeles, a démissionné du conseil d’administration de la Bitcoin Foundation lundi 24 février 2014.

 
Le cours de la monnaie numérique a ainsi dégringolé à 135 dollars quelques heures avant la fermeture de la plateforme, soit 7 fois moins qu’en janvier dernier. Une chute qui avait déjà commencé jeudi 20 février, la devise tombant de 200 dollars à environ 100 dollars en une seule journée.

Une crise prévisible

Cela faisait déjà plusieurs semaines que la plateforme d’échanges rencontrait des problèmes liés à un bug de sécurité. Ce dernier paralyse le marché de la crypto-devise depuis le 7 février 2014, date de début des hostilités avec le système de sécurité de MtGox, qui aurait été victime de piratage informatique. Dans la foulée, la plateforme a décidé de suspendre toute possibilité de retrait pour ses clients. Et depuis cette date, tous les comptes des utilisateurs de la plateforme demeurent gelés, les transactions bloquées, empêchant toujours les détenteurs d’accéder à leurs avoirs.

Ce bug aurait causé une perte de près de 750.000 Bitcoins ces dernières années, soit environ 350 millions dollars, selon un document récupéré par l’agence Dow Jones Newswires et attribué à l’investisseur en Bitcoin Ryan Selkis. La société a également déclaré avoir déplacé son siège dans Tokyo jeudi 20 février pour « des problèmes de sécurité », alimentant les craintes de ses clients.

Les acteurs du Bitcoin en colère

Cette fois, tous les sites d’échanges sur lesquels de Bitcoins ont pâti de cette suspension. La plateforme londonienne Bitstamp a ainsi vu le cours du denier virtuel chuter de 15% à 455 dollars mardi 25 février. « A l’instar de toute activité nouvelle, il y a de mauvais éléments qui doivent être éliminés, comme nous le constatons aujourd’hui », ont fustigé plusieurs acteurs influents du Bitcoin à l’instar de Bitstamp suite au manque de sécurité et de transparence de MtGox. Avant d’ajouter que ces « actions intolérables ne reflètent ni la solidité ni la valeur du Bitcoin et de l’industrie de la monnaie numérique », s’engageant par la suite « à rassurer publiquement les clients et le public sur la sûreté des fonds ».

Mais ce qui crée notamment la polémique, c’est que ce problème informatique serait connu de MtGox « depuis 2011 », d’après le développeur de la devise Greg Maxwell et non depuis seulement quelques semaines comme le prétend la plateforme d’échanges. MtGox indiquait même dans un communiqué quelques jours auparavant avoir trouvé la solution du bug informatique, assurant que les utilisateurs étaient « protégés ».

 

MtGox placé sous la tutelle des autorités japonaises

La plateforme d’échanges de Bitcoins MtGox s’est placée le 28 février 2014 sous la protection de la loi sur les faillites au Japon, où se situe son siège. « Nous avons perdu des Bitcoins à cause des faiblesses du système », a reconnu son directeur Mark Karpelès devant le tribunal de Tokyo avant de s’excuser auprès des investisseurs. Au total, le site se serait fait subtiliser un demi-milliard de dollars en monnaie virtuelle par des pirates informatiques, dont 750.000 Bitcoins appartenant aux utilisateurs du site et 100.000 Bitcoins détenus par la société. Le tribunal de Tokyo a d’ores et déjà accepté la demande de protection de MtGox. De leur côté, les services de surveillance financière et la police enquêtent sur l’affaire, à la demande des autorités japonaises. Mais c’est justement là où réside le fond du problème : le Bitcoin s’est développé hors des systèmes de régulation bancaire classique ce qui en fait une monnaie dure à gendarmer, y compris pour la banque centrale américaine (la Fed) qui a déclaré en la personne de sa directrice Janet Yellen « ne pas avoir d’autorité sur le Bitcoin » le 27 février.

« Je pensais depuis longtemps que nous aurions à agir à un moment ou un autre mais je dois dire que ce moment est arrivé plus rapidement que prévu », a également concédé le ministre des Finances japonais Taro Aso. Avant d’ajouter qu’il envisageait que la devise numérique « allait s’écrouler à un moment ».

Un jour plus tôt, le directeur de la plateforme d’échange s’est exprimé sur son site assurant que « tous les comptes de ses clients étaient en sécurité » et que le site allait « honorer toutes les demandes de retrait » appelant alors les utilisateurs à se rendre régulièrement sur le site « pour de nouvelles annonces ». « Comme il y a beaucoup de spéculations à propos de MtGox et de son avenir, je voudrais rassurer tout le monde : je suis toujours au Japon et travaille très dur avec divers soutiens pour trouver une solution à nos récents problèmes », a-t-il ajouté.

Alors que les autorités japonaises poursuivent leurs investigations dans l’affaire MtGox, le Vietnam a rejoint la liste des pays (Chine, Russie…) qui ont proscrit l’usage du Bitcoin aux banques.