Le label ISR public (enfin) lancé par Michel Sapin


A l'occasion du lancement de la semaine de l'investissement socialement responsable (ISR) le 28 septembre 2015, le ministre des Finances Michel Sapin a lancé le label ISR public. Grâce à cette marque, les épargnants pourront plus facilement identifier les fonds tournés vers le développement durable.  

Michel Sapin a officialisé le label ISR public.

Enfin ! Après presqu’un an de discussions, le label public pour l’investissement socialement responsable (ISR) voit le jour. A l’occasion de la soirée de lancement de la semaine de l’ISR qui se tiendra du 5 au 11 octobre 2015, le ministre des Finances Michel Sapin a officialisé ce label public très attendu par les acteurs de l’ISR le 28 septembre.

« Il y a un an, le gouvernement a engagé une réflexion sur la création d’un label public ISR avec de nombreux acteurs pour répondre aux attentes des investisseurs qui veulent donner du sens à leur épargne sans perte de rendement. Aujourd’hui, je vous annonce le lancement de ce label, a indiqué Michel Sapin. Nous entendons favoriser la lisibilité pour les investisseurs et les épargnants. Le label public ISR est un gage de confiance et de crédibilité. » Le locataire de Bercy a réfuté l’idée « de donner seulement une bonne image à un placement » et a défendu « un résultat concret mesurable pour orienter les investissements publics et privés vers l’ISR ».

Pour rappel, l’ISR concilie épargne et application du développement durable. Il constitue un type de placement qui respecte les critères de l’ESG, soit l’environnement, le social et la gouvernance en plus des critères financiers classiques. On trouve ainsi de l’ISR dans les actions et obligations d’entreprises ou encore dans les emprunts d’Etat.

Un cahier des charges amélioré au fil du temps

Concrètement, si le label est désormais officiel, il reste encore un peu de chemin à parcourir. Dès 2016, les fonds pourront déposer leur candidature pour obtenir le label. « 2016 sera une année de lancement, 2017 celle de la stabilisation », affirme le ministre des Finances. Ce dernier a ajouté que les critères du label sont déjà prêts, basés sur la transparence sociale, environnementale et de gouvernance. Par ailleurs, ces conditions seront amenées à évoluer dans le temps. « Il ne s’agit pas de graver dans le marbre une norme. L’ISR est une matière jeune et vivante. Le cahier des charges sera amélioré dans le temps grâce aux retours d’expérience avec les épargnants », expose Michel Sapin. L’objectif est clair : les fonds labélisés devront respecter ces critères et être compréhensibles pour les épargnants. De leur côté, les acteurs du secteur se sont réjouis de cette reconnaissance publique tant attendue, à l’image de Grégoire Cousté, délégué général du Forum pour l’investissement responsable (FIR) qui a salué « trois années de travail et de discussions abouties ».

Quid du label existant, Novethic ?

Déjà, en décembre 2014, lorsque le locataire de Bercy avait dévoilé le projet d’un label ISR public, la question des autres appellations existantes s’était posée. Le plus reconnu d’entre eux, le label Novethic (filiale de la Caisse des dépôts) est exclusivement accordé aux entreprises vertueuses en matière de développement durable. Interrogé à ce propos en décembre dernier, Michel Sapin avait alors plaidé en faveur d’« une standardisation et homogénéisation qui permettra aux épargnants de faire des choix en toute connaissance de cause sans avoir à faire des comparaisons avec plusieurs labels existants ».

Concrètement, le gouvernement espère attirer davantage l’épargne des particuliers, qui pourront se fier à cette reconnaissance publique, afin de l’orienter vers des entreprises plus respectueuses du développement durable. Prochaine étape, la réunion de tous les labels ISR en un seul et unique ?