Le retour en grâce des biotechnologies en Bourse


Les sociétés de biotechnologies ont retrouvé les faveurs des investisseurs.

Ces biotechs, comme les appellent les spécialistes, s’inscrivent dans un processus dans lequel l’effort de recherche de nouveaux traitements est de plus en plus externalisé par les sociétés pharmaceutiques. Ainsi, actuellement 15% des nouveaux médicaments sont issus des biotechnologies et les projections portent ce chiffre à 40% pour 2010. Mais au-delà de cette tendance lourde, c’est surtout la combinaison de perspectives prometteuses des sociétés du secteur et d’une bonne tenue des marchés financiers qui permet d’expliquer le regain d’appétit des investisseurs pour les entreprises des sciences de la vie. La preuve ? En période d’apathie boursière, le marché était peu enclin à ouvrir ses portes aux sociétés de biotechnologies, comme l’attestent les échecs des introductions de Meristem Therapeutics mi-2001 et d’Immuno-Designed Molecules (IDM) mi-2004, ou ceux de DrugAbuse Sciences et Diatos qui ont tenté en vain de lever des fonds lors du passage à vide de la Bourse entre les mois de mai et juillet 2006. Le renouveau s’est amorcé fin 2005, avec les entrées en Bourse successives d’ExonHit Therapeutics et de Bioalliance Pharma respectivement en novembre et décembre. Une fois la sérénité revenue sur les marchés au second semestre 2006, la Bourse de Paris a accueilli Innate Pharma qui a pu lever en octobre près de 34 millions d’euros sur Eurolist puis Genfit qui a fait son entrée sur Alternext le 19 décembre dernier après avoir réalisé une levée de fonds de 15 millions d’euros auprès d’investisseurs institutionnels. De même, l’année 2007 a bien démarré puisque Cellectis a récolté environ 21 millions d’euros au début du mois de février avec un prix d’offre fixé en haut de la fourchette proposée aux investisseurs. Au chapitre des augmentations de capital, la palme revient toutefois à NicOx, cotée depuis novembre 1999, et spécialisée dans le développement de médicaments exploitant les propriétés de l’oxyde nitrique, gaz présent dans le corps humain où il joue un rôle de messager intra et intercellulaire déclencheur de nombreux mécanismes. L’oxyde nitrique protège par exemple la paroi tissulaire, il module l’inflammation, contrôle le tonus musculaire ou participe au maintien du fonctionnement physiologique de l’endothélium vasculaire (paroi interne des vaisseaux). NicOx s’est donc distinguée en procédant ce mois-ci la plus grosse levée de fonds jamais réalisée par une société de biotechnologie hexagonale, à hauteur de 130 millions d’euros. Un succès auxquels les accords signés avec les géants de la pharmacie Merck et Pfizer ne sont pas étrangers et qui avait déjà valu au cours de l’action NicOx d’être multiplié par 6,47 en 2006, ce qui en faisait la plus forte hausse de la Bourse de Paris l’an dernier. Cette reprise ne doit cependant pas occulter le retard français, avec seulement 7 sociétés de biotechnologies cotées, alors que la bonne marche de cette activité dépend justement de sa capacité à lever des capitaux. Nous sommes encore loin des scores de l’Allemagne, qui compte une vingtaine de sociétés cotées ou du Royaume-Uni (une soixantaine). Sans parler des Etats-Unis où sont dénombrées plus de 300 biotechs présentes en Bourse. C’est l’une des raisons pour lesquelles France Biotech, l’association française des entreprises de biotechnologie, plaide pour l’adoption du statut de Jeune Entreprise Innovante Cotée (JEIC), destiné à favoriser la cotation en bourse des PME innovantes.