Le taux d’épargne record des Français confirme le succès du livret A


En 2011, le taux d'épargne annuel des ménages a atteint son plus haut niveau depuis près de 30 ans, selon les chiffres détaillés de la croissance de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Le livret A bénéficie particulièrement de cette hausse et affiche une progression de ses encours de 17,4 milliards d'euros.

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Le taux d’épargne des ménages français a progressé de 0,7 points en 2011 pour s’établir à 16,8% du revenu disponible brut, contre 16,1% en 2010, indique l’Insee. Il atteint son plus haut niveau depuis 1983. En baisse en 2010, le taux d’épargne financière (hors logement, ndlr) progresse pour sa part à 7,4% et retrouve ainsi son niveau de 2009. Ce résultat s’explique par la situation économique menaçante qui a incité les Français à épargner par précaution, conjuguée à la hausse du pouvoir d’achat sur les trois premiers trimestres de 2011. En effet, l’Insee souligne dans sa note de conjoncture de mars 2012 que « depuis 2008, les ménages manifestent la volonté de disposer d’un volant élevé d’épargne de précaution ».

Selon Philippe Crevel, économiste et secrétaire général du Cercle des Epargnants, « les Français ont essentiellement investi leur épargne dans des produits à court terme, avec une progression de l’encours des livrets A de 17,4 milliards d’euros contre 7,6 milliards pour l’assurance-vie ». Selon l’enquête 2012 du Cercle des Epargnants sur le comportement des français face à l’épargne publié en janvier dernier, le livret A, est considéré comme le deuxième meilleur placement juste après l’immobilier et loin devant l’assurance vie en euros qui a subi une décollecte en fin d’année dernière. A fin février 2012, l’encours du livret A atteint 222,8 milliards d’euros, en augmentation de 11% par rapport à fin février 2011.

Le taux d’épargne devrait rester élevé en 2012

La fin de l’année 2011 a en revanche été marquée par une diminution du taux d’épargne, passant de 17% au troisième trimestre à 16,8% au quatrième. Cette baisse s’explique par la stagnation du pouvoir d’achat des Français conjuguée à la hausse de leur consommation. Ils ont donc dû puiser dans leur épargne pour maintenir leur consommation, ce qu’attestent les études sur les rachats des contrats d’assurance vie. Toujours selon l’Insee, le taux d’épargne devrait rester élevé en 2012 même si la baisse observée au dernier trimestre 2011 devrait se poursuivre pendant quelques mois. « D’ici mi-2012, le taux d’épargne demeurerait à un niveau élevé. Il baisserait néanmoins légèrement car les mesures nouvelles votées en loi de finance affecteraient, pour partie, des revenus qui sont en général épargnés », juge l’institut statistique dans sa note de conjoncture. Philippe Crevel estime pour sa part que « le taux d’épargne devrait rester entre 16,6 et 16,8% du fait de la stagnation attendue du pouvoir d’achat et des augmentations d’impôts ».