Le warrant

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Avec son nom aux consonances barbares et son aspect spéculatif, le warrant n'est pourtant pas si compliqué à comprendre ni à maîtriser, du moment qu'il est acquis pour son usage initial et non pour être joué en Bourse…

 

Comme l'origine de son nom l'indique (du vieux français "warant" qui signifie garant), un warrant est un contrat procurant une garantie. Le garant est son émetteur, qui vend à un certain prix, appelé prime, le droit de lui acheter (call warrant) ou de lui vendre (put warrant) une certaine quantité d'actions ou d'un autre produit financier (indices, devises, matières premières…) , à un prix défini (prix d'exercice) et jusqu'à une échéance déterminée à l'avance.

La parité est aussi en Bourse

L'action ou autre titre que vous pourrez alors lui acheter ou lui vendre s'appelle le sous-jacent. Un nombre minimal de warrants, une "quotité", est imposé à la souscription. À un nombre fixé de warrants correspond un nombre fixé de sous-jacents. C'est ce que l'on nomme la "parité". Par exemple, une parité de 5/1 signifie qu’il faut 5 warrants pour exercer son droit sur 1 sous-jacent. Attention, vous achetez un droit, pas une obligation ! Si vous n'exercez pas ce droit, celui-ci s'éteint à la date d'échéance du warrant.

C'est aussi simple que cela et le principe est séduisant… En cas de chute d'une action, si vous avez un put vous offrant le droit de vendre vos actions au prix auquel vous les avez achetées, vous ne perdez au final que la prime payée pour l'achat des warrants. C'est ce que l'on appelle "couvrir son portefeuille" d'actions à l'aide de produits dérivés.

La baisse de valeur des actions est compensée par les gains des warrants, pour toute ou partie selon le portefeuille total. Par exemple, vous avez acheté le droit de vous procurer des actions à 10 euros. Elles cotent actuellement à 15 euros. En exerçant votre warrant pour revendre directement vos actions en Bourse, vous empochez 50% de plus-value en ayant pris pour unique risque financier le paiement de la prime.

Finalement, ce contrat de garantie constitue donc une sécurité, bien loin de l'image de spéculation que l'on peut en avoir ! Cette image n'est néanmoins pas sans fondement, à partir du moment où vous n'achetez pas les warrants pour ce qu'ils sont, mais pour spéculer à la cote !

Car les warrants sont cotés, au même titre que toutes les autres valeurs mobilières. Ils ne sont en revanche pas éligibles au PEA (plan d'épargne en actions) ni au SRD (même si le sous-jacent est une action française) et les plus-values nettes sont imposables dès le premier euro à 31,3% (19% + 12,3% de prélèvements sociaux). Les moins-values sont déductibles pendant les dix années suivant ces pertes.

Trois composantes

Jouer des warrants en Bourse peut s'avérer juteux, mais aussi conduire à des pertes conséquentes. Ils sont valorisés par le marché via trois composantes :

- La première est la "valeur intrinsèque", soit la différence entre le cours de l'action et le prix d'exercice. Pour un call, il s’agit de la différence entre le cours du sous-jacent et le prix d’exercice ; pour un put, il s’agit de la différence entre le prix d’exercice et le cours du sous-jacent.

- La deuxième composante est liée à la volatilité du sous-jacent qui rend le warrant plus ou moins volatil. Cette volatilité peut être « historique », c’est-à-dire l’amplitude des variations passées du sous-jacent. Elle ne présage en rien des mouvements futurs. Elle peut être également « implicite ». Il s’agit alors de la volatilité de marché qui dépend à la fois de la constatation des historiques de cours et des anticipations des futures variations. Elle découle de la volatilité utilisée sur les marchés d’options tels que le Liffe.

- Reste la troisième composante : sa "valeur temps", qui dépend notamment de la volatilité du sous-jacent et du temps restant à courir jusqu’à l’échéance.

Quatre indicateurs clés

Enfin, il existe plusieurs indicateurs (élasticité, delta, thêta, véga) qui permettent de comparer les warrants entre eux et donc de choisir celui qui répond le mieux à votre attente :

-  « L’élasticité » du warrant mesure la variation en pourcentage du prix du warrant pour une variation de 1% du sous-jacent, à la hausse comme à la baisse. Cette élasticité mesure en fait le potentiel spéculatif du warrant.

Par exemple, si un Call sur l’indice CAC 40 a une élasticité de 7, cela veut dire qu’à chaque mouvement de 1% à la hausse de l’indice, le Call s’appréciera de 7%. A l’inverse, chaque repli de 1% du CAC 40 entraînera un recul de 7% du prix du warrant.

- Le « delta » indique la variation en euro du prix du warrant pour une variation de 1 euro du sous-jacent. Il est toujours exprimé en pourcentage et doit être ajusté de la parité (nombre de warrants nécessaires pour exercer un call ou un put. Par exemple, à chaque variation de 1 euro du cours du sous-jacent, un warrant de parité 1/1 dont le delta est de 40% varie de 40% x 1 euro = 0,40 euro. Si la parité avait été de 10/1, la variation aurait été de 0,04 euro.

- Le « thêta » indique la perte quotidienne de la valeur temps du warrant. Point important : chaque jour est pris en compte, y compris les jours non ouvrés. Il est exprimé en centime d’euro. A titre d’exemple, un warrant dont le thêta est de 0,1 voit son prix baisser de un dixième de centime par jour.

-Le « véga » indique la variation du prix du warrant en centime d’euro pour une variation de 1 point de la volatilité. Ainsi un warrant dont le Véga est de 0,02 voit son prix gagner 2 centimes d’euro à chaque fois que la volatilité s’apprécie d’un point.

 

 

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