« Les épargnants s’adressent plus facilement à un conseiller en gestion de patrimoine »


INTERVIEW - A l'occasion de Patrimonia, la convention annuelle des professionnels du patrimoine qui se tient du 26 au 27 septembre 2013 au Centre des congrès de Lyon, le président de la Chambre des indépendants du patrimoine (CIP), Thierry Moreau, donne sa vision du marché de l'épargne.

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Toutsurlesplacements.com : Les épargnants font-ils davantage appel aux conseillers en gestion de patrimoine ?
Thierry Moreau : Nous manquons de statistiques historiques pour l’affirmer « haut et fort ». En revanche, il nous semble que oui, les épargnants s’adressent plus facilement à un CGPI (conseiller en gestion de patrimoine indépendant, NDLR). Je pense que le professionnalisme, la réactivité et la volonté d’installer une relation pérenne entre le conseiller et son client, sont les principales raisons à ce phénomène. La perte de confiance des épargnants vis-à-vis des réseaux habituels de distribution, notamment bancaires, a été un facteur déclenchant supplémentaire.

 

Les CGPI perçoivent-il le « ras le bol fiscal » ?
Je ne sais pas si nous pouvons parler de « ras le bol » mais dire que la coupe est pleine est un euphémisme ! Ce que nous ressentons, c’est la lassitude qui résulte de l’instabilité fiscale. Les virages à 180 degrés ont souvent un effet inverse à celui recherché. Par exemple, l’augmentation de la fiscalité sur les dividendes a engendré une aversion aux politiques de distributions de la part des entrepreneurs. Il faut maintenant les convaincre que, pour l’instant, c’est encore supportable, ce qui n’est pas toujours simple. En fait, le système est en train de niveler par le bas ce qui provoquera un manque à gagner certain en termes de recettes fiscales. Nous décourageons la volonté d’entreprise alors même que nous souhaitons créer les emplois nécessaires pour lutter contre la crise économique.

 

Sent-on une demande pour les dispositifs d’investissement immobilier locatif Duflot ?
Cela commence, particulièrement en province où le dispositif reste cohérent. Pour autant, les projets d’encadrement des loyers (dans le cadre du projet de loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (Alur), NDLR) n’encouragent pas vraiment l’investissement locatif. Il manque certainement un signal fort sur ce thème qui rassurerait les investisseurs.

 

Les épargnants sont-ils intéressés par le futur PEA-PME ?
Oui, pour les plus gros épargnants. Ce nouveau dispositif (instauré par le projet de loi de finances pour 2014 et qui prévoit une enveloppe au sein du PEA investie dans les PME et ETI françaises, NDLR) est intéressant pour l’épargne longue. J’espère qu’il permettra une collecte significative en faveur des entreprises.

 

Les clients sont-ils effrayés par une refonte possible de l’assurance vie ?
Pas encore !!! L’assurance vie reste en termes de fiscalité sur les plus-values et sur la transmission le seul paradis fiscal dans l’Hexagone.

 

Compte tenu de la réforme des retraites, ont-ils davantage d’appétence pour les produits en rentes ?
Bien sûr, le côté anxiogène des revenus futurs a toujours été une priorité pour l’épargnant français. Il est clair, pour nous, qu’il est primordial d’assurer son avenir que ce soit en assurance-vie, en rentes, en PEA-PME ou en immobilier. Je reste serein et convaincu que, quoiqu’il arrive, c’est l’épargne qui aura raison.

Propos recueillis par Jean-Philippe Dubosc

 

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