Les Français patrimoniaux restent frileux au risque


L'appétence au risque des investisseurs disposant d'un patrimoine conséquent s'améliore mais ne se traduit pas concrètement, selon le baromètre 2014 UFF/Ifop. Les produits sécurisés, comme l'assurance vie en euros, restent favorisés.  

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Les Français patrimoniaux* sont plus ouverts au risque, du moins en théorie. C’est l’un des enseignements principaux du baromètre 2014 mené par Ifop pour la banque conseil en gestion de patrimoine Union financière de France (UFF) et dévoilé mercredi 3 décembre 2014. L’étude d’opinions montre ainsi que 45% des interrogés disent accepter de prendre des risques modérés ou forts en contrepartie d’un rendement moyen ou élevé, en hausse de 5 points par rapport au baromètre 2013. « C’est le niveau le plus haut observé depuis 2009 », note le directeur général adjoint de l’Ifop Frédéric Dabi.

Les produits sécurisés en tête

Il convient toutefois d’indiquer que près de trois investisseurs sur quatre (74%) affirment avoir une tolérance faible ou moyenne au risque. Les Français patrimoniaux sont donc loin d’avoir développé un goût prononcé pour le risque, comme l’illustre la liste des produits financiers qu’ils préfèrent : les produits à capital garanti (73%) et les assurances vie investies en fonds euros (68%) figurent largement en tête du classement des investissements susceptibles d’attirer les épargnants.

Suivent ensuite les obligations, d’Etat comme d’entreprises, (58%), le Plan d’épargne retraite populaire et les assurances vie multisupports (57% dans les deux cas). Autre enseignement de ce palmarès, deux produits lancés en 2014 sous l’impulsion du gouvernement, à savoir le plan d’épargne en actions de PME (PEA-PME) et le dispositif d’investissement locatif Pinel, recueillent chacun 50% d’opinions positives. Enfin, investir en Bourse attire 46% des sondés, en hausse de 21 points sur deux ans.

La liquidité avant le rendement

Les Français patrimoniaux privilégient donc la sécurité au risque mais elle ne constitue pas pour autant le premier critère de décision des investisseurs. En effet, 19% des sondés citent en premier lieu la disponibilité des fonds placés, et ce pour la sixième année consécutive. La liquidité du placement devance le niveau de risque (17%), la régularité de la performance (16%) et le niveau de rendement (12%). Les avantages fiscaux du placement sont cités comme critère de choix par 46% des investisseurs mais seuls 9% d’entre eux les mettent en tête de liste.

A l’inverse, la conjoncture économique dégradée pèse moins sur les décisions des particuliers. 40% des Français patrimoniaux interrogés reconnaissent une influence de l’environnement macro-économique sur leur comportement, soit la même proportion qu’en 2013 et très loin des résultats de 2012 (57%) et 2011 (51%). « On revient à la situation qui prévalait avant la crise des dettes souveraines », souligne Frédéric Dabi. « Il y a une accommodation : on n’est pas enthousiaste par rapport à la conjoncture mais elle n’empêche pas de prendre des décisions, donc le côté immobilisme est beaucoup moins présent qu’il n’a pu l’être », précise pour sa part le PDG d’UFF Nicolas Schimel. Reste à savoir si ce sentiment finira par se traduire par des prises de risques plus importantes à l’avenir, la conjoncture économique jouant certainement sur le goût des Français pour les placements sécurisés.

*301 Français ont été interrogés. Ils détiennent des valeurs mobilières ou de l’assurance vie, possèdent un patrimoine financier hors immobilier de plus de 30.000 euros et ont l’intention de faire un placement financier dans les deux ans ou détiennent un bien immobilier locatif.