Les Français qui épargnent… et les autres


Le taux d'épargne des ménages français a atteint 16% en 2009 selon une étude de l'Insee publiée le 2 juillet 2014. Plus qu'une moyenne, les auteurs du rapport mettent en avant de grandes disparités selon l'âge, la composition du foyer et le niveau de revenus des épargnants.

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Les Français font partie des plus gros épargnants en Europe. En 2009, ils ont placé 16% de leurs revenus, « soit environ 200 milliards d’euros », selon l’enquête de l’Insee sur les « Les revenus et le patrimoine des ménages » publié le 2 juillet 2014. Dans le même temps, le taux d’épargne moyen dans les pays de l’Union européenne atteignait 13%. Pour autant, considérer que tous les Français ont les moyens de mettre de l’argent de côté serait un raccourci erroné. Et pour cause ! Les auteurs de l’étude observent « de fortes disparités d’épargne » dans l’Hexagone.

Un Français sur trois pioche dans ses économies

« La moitié des ménages français ont épargné plus de 13 % de leurs revenus », note l’Insee. En conséquence, 50% des Français ont placé moins. Surtout, 35% des ménages, une fois payé l’ensemble des dépenses de consommation, n’ont pas mis un seul euro de côté en 2009. « Les dépenses de consommation des 25 % de ménages ayant le taux d’épargne le plus faible dépassaient d’au moins 13 % leurs revenus », poursuit l’institut de statistiques. Autrement dit, ils dépensent davantage d’argent qu’ils ne gagnent.

Qui sont ces Français en situation de désépargne ? Selon l’Insee, ce sont tout d’abord les personnes âgées qui sont affectées par ce phénomène puisque 40% des 70 ans et plus ont vu leurs avoirs financiers reculer, contre 32% pour les Français de 30 à 59 ans. Les jeunes de moins de 30 ans sont les autres victimes de cette situation puisque 46% d’entre eux voient leurs dépenses excéder leurs revenus. Enfin, les couples avec deux enfants sont les plus susceptibles de connaître la désépargne : « A revenus donnés, les dépenses occasionnées par la présence de plusieurs enfants au sein du ménage peuvent expliquer ce phénomène », explique le document.

Un ménage sur quatre épargne plus du tiers de ses revenus

Si certains Français sont indubitablement dans l’impossibilité d’épargner, d’autres, plus aisés, voient leur patrimoine financier gonfler à vue d’œil. 25% des ménages ont ainsi mis plus de 33% de leurs revenus annuels de côté en 2009. Ces mêmes ménages « contribuent à 72 % de l’épargne nationale annuelle » sur la période, souligne l’Insee. Parmi les Français les plus riches, un quart a même épargné plus de 56% de ses revenus !

De manière plus générale, « le taux d’épargne médian [qui sépare en deux parties égales une population, ndlr) est bien plus élevé pour les ménages dont la personne de référence a entre 30 et 59 ans (entre 14 et 19 % selon les tranches d’âge) que pour les plus jeunes (3 % pour les ménages dont la personne de référence a moins de 30 ans) ou les plus âgés », remarquent les auteurs de l’étude. Un constat logique dans la mesure où il est plus facile d’épargner dans la seconde partie d’une carrière professionnelle, lorsque les salaires sont plus confortables qu’au moment de l’entrée sur le marché du travail ou après le départ à la retraite.

Plus étonnant : contrairement à l’idée reçue, devenir propriétaire n’augmente pas la capacité d’épargne. « Posséder un patrimoine immobilier est associé à une désépargne plus fréquente », analyse l’Insee. Les ménages disposant de plus de 270.000 euros dans la pierre sont deux fois plus exposés au risque de désépargne que ceux dont le patrimoine immobilier est compris entre 150.000 et 270.000 euros. « Entretenir ou aménager un logement peut également être une explication de ces résultats si l’on considère que les biens immobiliers les plus chers, par leur localisation ou leur surface, entraînent des coûts d’entretien plus élevés », conclut l’institut.

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