Les investisseurs cherchent toujours des placements sûrs


Les investisseurs patrimoniaux n'ont jamais été aussi peu sensibles à la conjoncture et s'occupent davantage de leur épargne. Malgré cet état d'esprit, leur aversion au risque reste constante, d'après l'observatoire de la banque Union financière de France.  

Les Français patrimoniaux toujours averses au risque

Les investisseurs patrimoniaux sont toujours aussi peu aventuriers. Et pourtant, la situation s’améliore : selon l’observatoire 2015 de la clientèle patrimoniale diligenté par l’Union financière de France (UFF) et l’Ifop, les Français patrimoniaux* ont ainsi mis la conjoncture de côté. Seuls 30% des sondés affirment que leur comportement de placement a été influencé par l’évolution de l’économie sur les douze derniers mois, soit le score le plus bas enregistré par l’observatoire en sept éditions. A l’inverse, 48% des investisseurs expliquent que la conjoncture n’a eu aucune prise sur leurs décisions. Mieux encore, la modeste amélioration de l’économie les a incités à s’occuper davantage de leur épargne (65%) et à s’informer plus régulièrement (63%).

Pour l’UFF, ces résultats montrent que les investisseurs ont intégré la crise dans la gestion de leur patrimoine : « On a l’impression que la rapidité avec laquelle les crises surviennent fait que les Français réagissent de moins en moins. On voit des crises ou mini-crises très violentes [Grèce et Chine récemment, Ndlr], de très fortes fluctuations des marchés financiers mais ils se montrent assez sereins, comme s’ils s’étaient habitués à la fréquence des à-coups boursiers », analyse le directeur général de la banque Paul Younès.

L’investisseur évolue peu

Mais l’investisseur français est têtu et seuls 39% des interrogés se disent prêts à prendre des risques forts ou modérés, contre 45% en 2014. « Cette moindre sensibilité à la conjoncture ne se traduit pas par une ouverture au risque », confirme le directeur général adjoint de l’Ifop Frédéric Dabi.

Signe que la prudence prédomine encore, les produits à capital garanti conservent la première place du palmarès des investissements privilégiés des Français patrimoniaux (62%), devant l’assurance vie multisupports (58%), l’investissement dans l’immobilier locatif et l’assurance vie en euros (57% chacun). L’appétence pour les produits à capital garanti et les fonds en euros, garantis également, a toutefois diminué depuis 2014 (73 et 68% respectivement).

Ce statu quo s’explique notamment par les priorités des investisseurs, qui ne changent pas année après année. Dans l’ordre, leur épargne doit ainsi être liquide, rémunératrice et présenter peu de risques. Des désirs impossibles à satisfaire avec un seul produit : « Les Français patrimoniaux se rendent compte que ces trois critères sont devenus inconciliables et on voit un basculement vers des produits un peu plus risqués mais qui délivrent davantage de rendement », avance Paul Younès, prenant en exemple le regain d’intérêt pour l’immobilier locatif. Mais il reste du chemin à parcourir avant de changer les esprits des investisseurs français.

*301 Français détenant des valeurs mobilières ou de l’assurance vie, disposant d’un patrimoine de plus de 30.000 euros (hors immobilier) et ayant l’intention de réaliser un placement financier dans les deux ans ou possédant un bien immobilier locatif.