Les investisseurs français plus prudents et pessimistes que les autres


Plus de quatre Français aisés sur cinq affirment avoir un profil prudent au moment d'investir selon une étude publiée par la société de gestion Legg Mason. Une peur qui s'explique notamment par un pessimisme fort sur l'environnement économique et le montant futur de leurs retraites.

Placements et actions

Confiants, les investisseurs français ? Pas vraiment à en croire les résultats d’une étude du gestionnaire de fonds Legg Mason publiée lundi 7 avril 2014. Menée auprès de 4.320 particuliers disposant d’un minimum de 200.000 dollars répartis dans 20 pays, cette enquête dresse un portrait bien pâle de l’investisseur hexagonal : 82% des 201 sondés français affirment en effet avoir une approche prudente au moment de passer à l’acte. « Un chiffre élevé par rapport à la moyenne mondiale (65%), et sensiblement plus élevé que le résultat de l’étude l’an dernier (75%) », pointe Legg Mason dans un communiqué de presse.

Ce pessimisme s’explique principalement par la crainte d’un manque de croissance en France pour 47% des investisseurs interrogés et par la faiblesse de l’économie sur le Vieux Continent (41%). « Au niveau mondial, la tendance est tout à fait différente puisque c’est l’inflation qui arrive en tête des inquiétudes pour presque la moitié des sondés », note Legg Mason.

Peur du passage à la retraite

Résultat, seulement 60% des Français aisés affirment penser être en capacité d’atteindre leurs objectifs financiers, contre 75% au niveau mondial. Preuve du pessimisme ambiant dans l’Hexagone, ce taux est le plus bas d’Europe. « 64% des sondés français pensent pouvoir prendre leur retraite à l’âge qu’ils se sont fixé, un des plus faibles résultats en Europe, ex aequo avec l’Italie », ajoute le gestionnaire de fonds.

Mais surtout, l’étude réalisée entre décembre 2013 et janvier 2014 souligne l’extrême angoisse des investisseurs français sur le montant de leurs revenus à la retraite : 32% des sondés estiment que leurs revenus ne seront pas suffisants à cette période de leur vie. Parmi cette population, 64% évoquent une possible défaillance du système public pour justifier leurs craintes, une proportion similaire à celle des investisseurs italiens et inférieure de 10 points aux Espagnols.

Actions internationales privilégiés

Malgré les craintes sur leur avenir et le rendement de leurs investissements, les Français plébiscitent tout de même les actifs risqués, les actions arrivant en tête des placements offrant à leurs yeux le meilleur potentiel de rendement (71% des sondés), devant l’immobilier (68%) et l’or (41%). « Un quart des investisseurs français sondés a déjà prévu d’augmenter son exposition aux marchés actions cette année », note le directeur commercial de Legg Mason France, Vincent Passa.

Pour aller chercher du rendement, les Français semblent prêts à considérer davantage les investissements en actions étrangères. Ils sont ainsi 68% à déclarer investir à l’international mais surtout 43% à déclarer s’intéresser davantage aux investissements à l’étranger que 5 ans plus tôt, loin cependant des 75% au niveau mondial. « Parmi ceux qui n’investissent pas à l’étranger pour le moment, 26% se déclarent prêts à considérer ces opportunités dans le futur (ce qui est plus que la moyenne mondiale à 22%) », pondère toutefois Vincent Passa.

 

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